Sauvez Chneor!

Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 12:39
«Nous ne réalisions pas ce que nous avions»

«Bien que de nombreux intellectuels d'Europe de l'Est persistent à défendre ardemment le paradis du libre marché, la plupart des ouvriers et des paysans n'idéalisent plus le capitalisme. Ils ont en effet reçu les coups les plus impitoyables. «Nous ne réalisions pas ce que nous avions», est devenu une célèbre rengaine.» C'est ce qu'écrit le professeur marxiste américain Michael Parenti dans son livre Blackshirts & Reds.

En Europe de l'Est et dans l'ancienne URSS, de nombreuses personnes ont admis à contrecur que les conditions de vie étaient meilleures sous le communisme.1 Angela Stent de l'université de Georgetown et adepte du capitalisme admet que «la majorité des gens va plus mal que sous le communisme La qualité de vie est moins bonne à cause de l'augmentation de la criminalité et de la disparition du réseau de la sécurité sociale».2

Une vieille femme polonaise qui devait survivre avec un repas de la Croix-Rouge par jour : «Je ne suis pas communiste mais je dois bien avouer que, pour les pauvres, la vie était meilleure avant maintenant, tout va bien pour le monde des affaires, mais pas pour nous, les pauvres.»3 Une Allemande de l'Est a dit que le mouvement féministe ouest-allemand vient seulement de commencer à se battre pour «ce que nous avions déjà ici. Nous trouvions cela tout à fait normal dans le système socialiste. Maintenant, nous réalisons ce que nous avons perdu».4 Des dissidents anticommunistes, qui avaient fait de leur mieux pour renverser la RDA, ont rapidement manifesté leur déception face à la réunification allemande.

Un pasteur luthérien a déclaré : «Nous, les Allemands de l'Est, n'avions pas d'image réaliste de la vie à l'Ouest. Nous ne savions pas que tout était orienté vers le résultat. La cupidité sans-gêne et la puissance économique sont les leviers de cette société. Les valeurs spirituelles qui sont nécessaires au bonheur des hommes se perdent ou sont banalisées. Tout tourne autour d'acheter, de vendre et de gagner de l'argent.»5

L'ancien ministre de la défense de la RDA a dit dans le même esprit : «Bien sûr, j'entends parler des nouvelles libertés dont jouissent les gens en Europe de l'Est. Mais comment définir la liberté ? Des millions de gens en Europe de l'Est sont maintenant libérés de travail, de rues sûres, de soins de santé et de sécurité sociale.»6 Dans les anciens pays socialistes, 30% de la population est au chômage.

Les gens d'Europe de l'Est veulent-ils de ce libre marché ?

Des sondages d'opinion effectués fin 1993 montrent que seulement 27% des personnes interrogées étaient favorables à l'économie de marché. La grande majorité trouvait que le contrôle de l'Etat sur les prix et les entreprises privées était «utile» et que «l'état devait prévoir un emploi pour chacun et ne devait pas laisser le chômage exister». En Pologne, 92% des gens voulaient conserver le système de garanties sociales de l'Etat. Presque tout le monde se disait partisan de logements et de nourriture subsidiés et réclamait le retour au plein emploi.7

Un correspondant du New York Times8 déclarait depuis Moscou que «la plupart des gens ici se montrent méfiants envers la propriété privée et se demandent ce qu'avait de si mauvais un système qui garantissait de la naissance à la mort des soins de santé bon marché. Et ils espèrent que le gouvernement va de nouveau faire pression sur les prix.» ()

Le socialisme d'Etat, «le système qui ne marchait pas» a donné à chacun la sécurité. Le capitalisme du libre marché, «le système qui fonctionne» a mis l'économie en pièces, a apporté des pillages financiers, un recul social et un calvaire pour la majorité de la population.

En réaction, les Européens de l'Est ont remis des communistes au pouvoir pour régner sur les ruines et les décombres de pays disloqués. En 1996, les anciens communistes et leurs alliés ont gagné d'importantes élections en Russie, Bulgarie, Pologne, Hongrie, Lituanie et Estonie. Certains ont même formé la fraction la plus puissante de leurs parlements respectifs. Ils ont pourtant été confrontés aux mêmes handicaps que les partis de gauche dans les pays «démocratiques capitalistes» : intimidations, violations policières, manque d'argent, accès restreint aux tribunes électorales, manque d'attention médiatique et comptages frauduleux.

Le rêve n'est plus permis

Lorsque les premiers bouleversements anticommunistes ont commencé en 1989 en Europe de l'Est, certains penseurs de gauche disaient que, si les Européens de l'Est découvraient que le système du libre marché ne leur convenait pas, ils pourraient toujours revenir à l'une ou l'autre forme de socialisme. Comme je l'ai déjà montré, cette vision n'était pas réaliste. Le capitalisme ne se limite pas à un système économique, c'est un ordre social de A à Z.

Une fois mis en oeuvre, on ne peut pas le démanteler en votant pour des socialistes ou des communistes. Ils peuvent toujours siéger au gouvernement mais la richesse du pays, la structure des rapports de propriété, le droit constitutionnel, le système financier et la structure des dettes, les médias nationaux, la police et les autres institutions de l'Etat sont tous fondamentalement restructurés. Les moyens pour les programmes sociaux et le plein emploi sont pillés ou disparaissent complètement, tout comme les réserves d'argent, les marchés et les matières premières. Après plusieurs années de pillage impuni par le libre marché, ces pays sont arrivés à un point où un retour en arrière appartient au domaine du rêve.

Il semble donc que les anciens pays communistes à l'instar des pays du tiers monde­ doivent subir cette misère pour de longues années, pour que quelques privilégiés puissent jouir d'une prospérité toujours plus grande sur le dos des masses. Et pour garantir sa «sécurité», la classe des entrepreneurs aura recours à toutes les formes de manipulation et de répression contre les velléités démocratiques. Et recevra en cela le soutien des experts du capital international, de la CIA et autres agents de la domination capitaliste d'Etat.

Pas de chantilly

La chute des pays communistes a signifié une énorme victoire pour le capitalisme mondial et l'impérialisme. Cette victoire a réveillé la misère humaine et a causé partout dans le monde une régression historique des mouvements révolutionnaires de libération. Même des gouvernements nationaux légèrement réformistes auront à en souffrir, regardez par exemple, l'Irak ou Panama. Cette chute représente aussi une énorme perte pour le pluralisme mondial et provoque l'augmentation de l'inégalité socio-économique dans le monde. Les habitants d'Europe de l'Est avaient pensé qu'ils conserveraient les avantages sociaux du communisme avec en plus la chantilly de la consommation occidentale. Beaucoup de leurs plaintes à propos du socialisme réel étaient correctes mais leur image romantique de l'Ouest capitaliste ne l'était pas. Le rêve s'est brisé. Ils pensaient passer du Deuxième au Premier Monde, mais ils ont été expédiés dans le tiers monde.

1 New York Times, 30 mars 1995 · 2 New York Times, 20 décembre 1993 · 3 New York Times, 17 mars 1991 · 4 Los Angeles Times, 6 août 1991 · 5 New York Times, 26 mai 1996 · 6 New York Times, 20 juillet 1996 · 7 Monthly Review, décembre 1994 · 8 NYT, 23 juin 1996 ·


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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 12:38
Selon les apôtres du marché libre dans les anciens pays socialistes, la privatisation et l’accumulation du capital dans quelques mains stimulent la production et apportent la prospérité : il faut seulement passer d’abord par une période un peu difficile. Mais cette période est bien plus dure et bien plus longue qu’annoncée, remarque Parenti.

En 1990, alors que l’Union Soviétique est en train de passer au paradis du marché libre, Bruce Gelb, chef de la United States Information Agency, fait remarquer à un journaliste que la formation commerciale américaine ferait beaucoup de bien à l’économie soviétique. Car « En Union Soviétique, il faut réhabiliter les serpents venimeux, les sangsues et les intermédiaires. C’est la formule de la réussite de pays comme le nôtre ! »1

Aujourd’hui les serpents venimeux et les sangsues sont bien présents dans les anciens pays socialistes. Des milliers de luxueuses autos circulent dans les rues de Moscou et Prague. Le prix des locations et des ventes immobilières a fortement augmenté. Une nouvelle classe d’investisseurs, de spéculateurs et de maîtres chanteurs nage dans le luxe. Le but affiché n’est plus l’amélioration de la vie des citoyens mais l’accumulation du capital individuel.

Etat de santé catastrophique

En Russie et en Europe de l’Est, la dérégulation des prix due à l’arrivée du paradis du libre marché n’a pas créé des prix compétitifs mais des prix déterminés par les monopoles privés. Cela a stimulé l’inflation galopante. Pour les magouilleurs, les maquereaux, les trafiquants de drogue et autres escrocs, les affaires n’ont jamais été meilleures. Le chômage, le nombre de sans-abri, la pollution de l’air et de l’eau, la prostitution, les mauvais traitements conjugaux, la maltraitance enfantine et toutes les autres formes de misère sociale ont dramatiquement augmenté.2

En Russie et en Hongrie, le nombre de suicides a augmenté de moitié en quelques années. Pendant les longs hivers, le nombre de décès ou de maladies graves chez les pauvres et les personnes âgées a fortement augmenté : l’augmentation des prix et les factures impayées ont entraîné la fermeture des robinets de gaz. Dans les hôpitaux publics russes, les docteurs et les infirmières sont honteusement sous-payés. Désormais, les hôpitaux prodiguant des soins gratuits ferment. D’autres doivent combattre de gros problèmes d’hygiène. Et l’on manque de seringues jetables, d’aiguilles, de vaccins et d’appareillage moderne. De nombreux hôpitaux ne disposent pas d’eau chaude, certains n’ont même pas d’eau du tout.3

Des maladies comme la polio, la tuberculose, le choléra, la diphtérie, la dysenterie et les maladies sexuellement transmissibles réapparaissent à cause de la dégradation des programmes de vaccination et du recul des normes sanitaires. Le nombre de drogués croît aussi terriblement. Les hôpitaux russes essaient de soigner les toxicomanes le mieux possible, même si le financement se réduit.

La qualité de la nourriture est de moins en moins bonne. Le stress et les maladies augmentent. Et pourtant, le prix de la consultation médicale a augmenté de moitié car les honoraires du nouveau système de santé privatisé sont très élevés. Ainsi, de nombreuses maladies non diagnostiquées et non traitées évoluent jusqu’à mettre des vies en danger. Les instances militaires russes qualifient l’état de santé des nouvelles recrues de catastrophique. Le nombre de suicides dans l’armée a dramatiquement augmenté et le nombre de morts par overdose a crû de 80% ces dernières années.4

Pour la première fois depuis la Deuxième guerre mondiale, le taux de natalité en Russie est inférieur au taux de mortalité. En 1992 et 1993, les Allemands de l’Est enterraient deux personnes pour un enfant qui naissait. Pour les femmes de presque quarante ans, le taux de mortalité a augmenté de 20% et pour les hommes de la même catégorie d’âge, ce chiffre a augmenté de trente pour cent.5

Maintenant que les loyers ne sont plus subsidiés, les estimations du nombre de sans-abri à Moscou seulement atteignent trois cent mille. Dans de très nombreuses villes, beaucoup d’entre eux meurent en rue, de froid et de faim. En Roumanie, des milliers d’enfants sans abri vivent dans les gares et les égouts. Ils sniffent de la colle pour ne pas sentir la faim, mendient et sont la proie de toutes sortes d’exploitateurs.6

Dans les pays où le communisme offrait un travail à chacun, les chiffres du chômage ont augmenté de 30%. Un ouvrier polonais témoigne que si l’on est chômeur, il est presque impossible de retrouver du travail après quarante ans. Les femmes polonaises connaissent cette mort économique encore plus vite. Pour obtenir un emploi, dit une femme, « il faut être jeune, ne pas avoir d’enfants mais quand même une grosse poitrine. »7 On ne peut plus que rêver de sécurité d’emploi et le nombre de blessures et d’accidents de travail a augmenté de manière drastique.

Du travail ? Allez chez les flics !

Dans toute l’Europe de l’Est, les syndicats ont été liquidés. Congé de maladie, de maternité, congés payés et autres avantages qui allaient de soi sous le socialisme sont supprimés ou démantelés. Il ne reste presque plus rien des sanatoriums pour ouvriers, des villages de vacances, des centres de santé, des centres sportifs et culturels, des plaines pour enfants, des centres de jour et de tous les autres aspects qui faisaient qu’une entreprise communiste était plus qu’un lieu de travail. Les maisons de repos auparavant uniquement destinées aux ouvriers sont aujourd’hui privatisées ou transformées en casino, night-club ou restaurant pour les nouveaux riches.

Les services de gardiennage pour les entreprises ou les milices privées sont des marchés florissants. Rien que pour l’ex-Union Soviétique, on parle de 800.000 hommes. Une alternative pour la jeune classe ouvrière est l’immense appareil répressif de l’Etat, beaucoup plus terrifiant que sous la période soviétique. Aujourd’hui, l’effectif de cet appareil est plus important, mieux payé et mieux équipé que celui de l’armée. L’ennemi du régime est dans le système même !8

Dans les anciens pays communistes, les revenus réels ont chuté de 30 à 40%. Pour 1992 seulement, les dépenses des consommateurs ont chuté de 38%. En comparaison : les dépenses des consommateurs américains pendant la Grande Dépression des années 30 ont reculé de 21% sur quatre ans. Tant en Pologne qu’en Hongrie, selon les statistiques, 70% de la population vit sous ou juste au niveau du seuil de la pauvreté. En Russie, cette limite se situe entre 75 et 80%.

P.-S.

1. Washington Post, 11 juin 1990 · 2. Monthly Review, 11/96, pp 1-12 · 3. Eleanor Randolph, Waking the Tempest : Ordinary Life in the New Russia, Simon & Schuster New York 1996 · 4. Toronto Star, 5 novembre 1995 · 5. New York Times, 6 avril 1994 · 6. National Public Radio News, 20 juillet 1996 · 7. Nation, 7 décembre 1992 · 8. Monthly Review, 11/96, p.7.

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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 12:37
La colonisation de L'Europe de l'Est 

Quand les capitalistes se sont emparés du pouvoir en Europe de l'Est et en Union soviétique, (...) ils ont démantelé la propriété publique des moyens de production et tous les progrès sociaux dont jouissait le peuple. Ils ont intégré les anciens pays communistes dans le système global capitaliste en vendant leur pays, leur travail, leurs richesses naturelles et leurs marchés. Ces pays sont ainsi rapidement devenus des pays appauvris du tiers-monde.
La grande presse US a décrit cela comme un formidable progrès pour l'humanité. (...)
Maintenant, des multinationales contrôlent la plus grande partie de leur commerce extérieur. Comme les pays du tiers-monde, ces pays ont de moins en moins accès aux marchés des uns et des autres. Leur économie s'empêtre dans les rouages de l'investissement et de l'exploitation du capitalisme mondial. Leur commerce réciproque, jadis important et avantageux pour chacun, est presque anéanti. Au lieu d'un développement mutuel, ils connaissent aujourd'hui le sous-développement, imposé par le monopole du capitalisme mondial. (...)
Malgré de nombreuses protestations d'activistes russes et américains de l'environnement, le secteur américain du bois se prépare à abattre la forêt de Sibérie, avec le soutien financier d'un fonds spéculatif sponsorisé par le Pentagone. Cette région représente un tiers des terrains boisés du monde et constitue l'habitat de très nombreuses espèces animales.1
«Un système qui s'intéressait à ses ouvriers»
Avec l'arrivée des investissements privés en Europe de l'Est, la production n'a pas augmenté comme prévu. Au contraire, elle a rapidement chuté. Des centaines d'entreprises d'Etat parmi les plus intéressantes et les plus solvables ont été privatisées et souvent offertes pour un prix dérisoire à des investisseurs étrangers. D'autres entreprises d'Etat ont été financièrement saignées à blanc ou menées à la faillite.
Entre 1989 et 1995, dans l'actuelle République de Tchéquie, 80 % des entreprises ont été privatisées et la production industrielle a chuté à deux tiers. En Pologne, à cause de la privatisation, la production a chuté à un tiers entre 1989 et 1992. De gigantesques complexes est-allemands d'électronique et de haute technologie, dans lesquels travaillaient des dizaines de milliers d'ouvriers, ont été repris par de très grandes firmes ouest-allemandes avant d'être fermées.
En Union soviétique, la privatisation a conduit à la perte d'une grande partie de l'infrastructure scientifique et de ses établissements. Depuis la privatisation de ZiL, la plus grande succursale de Moscou, la production de camions est tombée de 150 000 à 13 000 par an. 40% des travailleurs ont été licenciés. En avril 1996, les travailleurs restants ont demandé au gouvernement russe de reprendre leur usine. Dans le passé, ces travailleurs et leurs familles avaient une «sécurité d'emploi inébranlable». Ils vivaient dans les appartements de ZiL et allaient dans les écoles de l'usine. Les bébés allaient dans le centre de jour ZiL et étaient soignés par des docteurs de ZiL.
«J'ai grandi dans un système qui s'intéressait à ses ouvriers», a déclaré un machiniste regrettant de s'être un jour opposé au régime.2
Une partie importante de la production d'Allemagne de l'Est a été bridée pour restreindre la compétition avec les firmes ouest-allemandes. Cela a surtout été clair avec le démantèlement de l'agriculture collective, qui devait protéger les fermes privées fortement subsidiées et moins productives en Allemagne de l'Ouest.3
Sans aucune indemnisation, les capitalistes ouest-allemands ont mis la main sur presque toutes les propriétés de l'Etat en RDA : les usines, industries, fermes, appartements et autres biens immobiliers ainsi que les soins de santé. Le tout pour environ deux mille milliards d'euros. Il s'agit de la plus grande expropriation des biens de l'Etat par un capital privé de toute l'histoire européenne.
Le montant des loyers est passé de 5% à 60% des revenus
Cette privatisation du marché libre en Allemagne de l'Est a eu pour conséquence que le montant des loyers est passé de 5% à 60% des revenus. Les transports, la puériculture, les soins de santé et l'enseignement supérieur sont devenus inabordables pour beaucoup. Les Allemands de l'Est de divers courants politiques se plaignent de nombreuses choses : (a) le flux monétaire est passé de l'Est à l'Ouest à cause de la colonisation de l'Est. (b)Le marché libre est un mythe : l'économie ouest-allemande est fortement subsidiée et fonctionne selon des règles strictes qui vont à l'encontre des intérêts des régions de l'Est. (c) La police ouest-allemande est plus brutale que la police est-allemande. (d) Si l'Allemagne de l'Ouest s'était donné autant de mal pour combattre les nazis que pour désocialiser l'Est, le pays aurait été très différent.4
Pour ce qui est du dernier point, il faut mentionner que des personnalités allemandes ont traîné devant la justice tous ceux qui, de par leur fonction officielle, ont «collaboré» avec la RDA, même des professeurs et de simples fonctionnaires.5
Les émigrants des pays communistes sont étonnés de la bureaucratie qui règne à l'Ouest. Deux émigrants soviétiques, indépendants l'un de l'autre, ont déclaré : «la bureaucratie est pire ici que chez nous».6
Des Allemands de l'Est ne s'en sortaient pas avec tous les formulaires à remplir pour les impôts, l'assurance maladie, l'assurance vie, le chômage, les formations, les aides au logement et les comptes en banque. Plus encore, «par les informations personnelles qu'ils devaient donner, ils se sentaient encore plus observés et espionnés qu'au temps de la Stasi, la police secrète de RDA». 7
Les Juifs soviétiques qui ont émigré en Israël durant la guerre froide ont connu les mêmes désillusions sur les difficultés de la vie et le manque d'idéalisme. Les lettres découragées qu'ils envoyaient chez eux sont considérées comme un facteur important dans la diminution de l'émigration de l'URSS vers Israël.
Pendant les jours fastes de la restauration capitaliste, les habitants des anciens pays communistes ont eu toutes les occasions d'expérimenter la vie telle qu'elle était vraiment au paradis du libre marché.
1 New York Times, 30/01/96 · 2 New York Times, 08/05/94 · 3 Robert McIntyre in Monthly Review, décembre 93 · 4 Z Magazine, juillet 92 · 5 Des milliers d'anciens responsables de RDA, juges et autres ont été emprisonnés ou risquent des peines d'emprisonnement pour «trahison» · 6 Monthly Review, mai 88 · 7 Z Magazine, juillet 92.

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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 12:36
Walesa, Havel & Co : les nouveaux héros de la démocratie ? 

Les réformes en faveur de «l'économie de marché», mot magique lors de la réintroduction du capitalisme (en Europe de l'Est, ndlr), prévalaient sur le caractère démocratique du régime. Tant que la démocratie pouvait servir à déstabiliser le système communiste à parti unique, elle était défendue par les forces réactionnaires. Mais dès l'instant où la démocratie nuisait à l'instauration de l'économie de marché, elle était beaucoup moins tolérée. (...)

Des groupements ouvertement antisémites, des partis néo-fascistes et des campagnes de haine ont vu le jour en Russie, Pologne, Hongrie, Ukraine, Biélorussie, Tchécoslovaquie et Roumanie. Les musées commémorant la résistance héroïque contre le fascisme ont été fermés et les monuments de la lutte contre le nazisme ont été démolis. Dans les pays tels que la Lituanie, d'anciens criminels de guerre nazis ont été réhabilités. Certains ont même été dédommagés pour les années passées en prison. Les cimetières juifs ont été profanés et les attaques contre les étrangers se sont multipliées. Les communistes ayant disparu, les mauvaises moissons, l'inflation, la violence et autres calamités sociales étaient tout à coup imputées aux Juifs et aux étrangers. Le 11 juin 1995, le prêtre Henryk Jankowski, confesseur de Lech Walesa, déclarait pendant un office religieux à Varsovie que «l'étoile de David est enchevêtrée aussi bien dans la croix gammée que dans le marteau et la faucille» et (...) que les Polonais ne devaient pas accepter de gouvernements liés à l'argent juif. Walesa a affirmé que son ami Jankowski n'était pas un antisémite mais qu'on l'avait «mal compris». (...) Durant la même période, lors d'une réunion de Solidarnosc avec 10 000 participants, on pouvait lire sur des pancartes des slogans comme «Envoyez les juifs aux chambres à gaz» et «A bas le complot judéo-communiste». Les autorités ecclésiastiques et publiques n'ont pas jugé nécessaire d'émettre des critiques.1 (...)

En 1996, le président biélorusse Alexander Loukachenko a interdit les journaux et les radios indépendants et renvoyé le parlement. Il admirait le talent organisateur d'Hitler. Après un référendum à participation massive, Loukachenko s'est investi d'un pouvoir absolu. Mais personne n'a jamais su combien de bulletins de vote avaient été imprimés, ni comment ils ont été comptés. Certains dirigeants de l'opposition ont fui, pour leur vie. «La Biélorussie, jadis une république soviétique prospère qui produisait des tracteurs et des téléviseurs, est aujourd'hui au bord du désespoir», avec un tiers de la population qui vit dans «la misère noire».2

Faut-il admirer Vaclav Havel ?

Aucun restaurateur du capitalisme en Europe de l'Est n'a reçu autant d'éloges des dirigeants américains, experts médiatiques et académiciens que Vaclav Havel, l'auteur dramatique devenu premier président de la Tchécoslovaquie post-communiste et, plus tard, de la République tchèque. Les nombreux progressistes qui partagent cette admiration pour Havel semblent ne pas voir certains éléments concernant ce personnage: son obscurantisme religieux, la répression de ses opposants de gauche et son dévouement pour l'inégalité économique et le capitalisme débridé. Havel est né dans une famille riche et foncièrement anticommuniste. (...) Il aspirait à un nouveau type de dirigeants politiques qui, plutôt que de se fier au «rationnel et au cognitif», fassent preuve d'«humilité devant l'ordre mystérieux de Dieu».3 (...) Havel s'est empressé de participer à la guerre du Golfe de George Bush senior, une guerre qui a coûté la vie à 100 000 civils irakiens. En 91, comme les autres dirigeants pro-capitalistes dans les pays de l'Est, et comme les Etats-Unis, Havel a condamné les violations des droits de l'homme à Cuba. Mais il n'a jamais soufflé mot sur les violations des droits de l'homme au Salvador, en Colombie, en Indonésie ou dans d'autres pays-satellites des Etats-Unis.

En 92, ce «grand démocrate» a exigé la dissolution du parlement tchèque. Il gouvernerait dorénavant par décrets afin de faciliter l'instauration de «l'économie de marché». La même année, il a signé une loi condamnant la défense du communisme comme un délit passible d'une peine de prison de huit ans. (...) En 95, il a soutenu et signé d'autres lois antidémocratiques interdisant l'accès aux fonctions publiques pour les communistes et les anciens communistes. Pour Havel, la diffusion de l'anticommunisme restait une des priorités. Il a mené une campagne internationale acharnée4 pour maintenir Radio Free Europe et Radio Liberty, deux radios du temps de la Guerre froide, pour qu'elles puissent continuer à diffuser leur propagande anticommuniste dans les pays de l'Est.

Havel : les syndicats n'ont pas à s'occuper de politique

Le gouvernement Havel a voté une loi interdisant de propager la haine sur base de la nationalité, de la religion ou de la classe. En réalité, cette loi permet de poursuivre comme illégale toute critique contre les classes fortunées, ces critiques étant considérées à tort comme intolérance ethnique et religieuse. Le gouvernement Havel a également sommé les syndicats de ne pas s'occuper de politique. Les biens de certains syndicats combatifs ont été saisis et transférés à des syndicats dociles.

En 1995, Havel a déclaré que la «révolution» contre le communisme ne serait achevée que lorsque tout serait privatisé. Son gouvernement a liquidé les biens de la Fédération des jeunesses socialistes. Les terrains de camping, salles de récréation, infrastructures culturelles et scientifiques ont tous été transférés à cinq sociétés anonymes privatisées. Il ne restait aux jeunes qu'à flâner dans les rues. Durant les programmes de privatisation et de «redressement», des usines, des magasins, des immeubles et beaucoup d'autres biens publics ont été vendus pour un morceau de pain à des capitalistes tchèques ou étrangers. Dans les républiques tchèque et slovaque, les anciens aristocrates ou leurs héritiers ont récupéré les terres que leurs familles avaient possédées avant 1918, dans l'ancien empire austro-hongrois. Les propriétaires actuels ont été expropriés et beaucoup d'entre eux sont tombés dans la pauvreté. Havel lui-même s'est approprié une série de propriétés publiques ayant appartenu à sa famille 40 ans auparavant. Celui qui prétendait aider les autres n'a pas oublié de se servir. Pour toutes ces raisons, nous avons peu d'admiration pour Vaclav Havel.

1 Nation, 7 août 1995 · 2 San Francisco Bay Guardian, 4 décembre 1996 · 3 Voir l'article stupide publié par Havel dans le New York Times du 3 janvier 1992. Aux Etats-Unis, ses admirateurs ont observé un silence gêné après cette publication · 4 San Francisco Chronicle, 17 février 1995.

 


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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 12:34
Le paradis du marché libre en Europe de l'Est

Sur ordre d'Eltsine, les tanks russes prennent le Parlement d'assaut en 1993. Deux mille personnes seront tuées. Peu après, Eltsine interdit aux syndicats toute forme d'activité politique, supprime des dizaines de publications, met hors-la-loi quinze partis politiques. Mais en Occident, beaucoup de gens de gauche voient alors en lui toujours un démocrate.

Avec la chute des gouvernements communistes, la gauche américaine allait être libérée d'un beau sujet d'irritation. «Libérée du spectre de l'Union soviétique et du cauchemar de la Chine communiste», comme l'a exprimé le théoricien de gauche, Richard Lichtman. En réalité, la restauration du capitalisme en Europe de l'Est signifiera un affaiblissement considérable pour maintes luttes de libération dans le tiers monde. Le soutien soviétique est supprimé, une collection de nouveaux gouvernements de droite voit le jour et les derniers obstacles barrant encore la route aux intérêts des entreprises occidentales sont levés. Dorénavant, elles peuvent se mettre à exploiter comme bon leur semble. Les industriels n'ayant plus à convaincre leurs travailleurs qu'ils étaient mieux lotis que leurs collègues russes, ils ne tardent pas à mettre le holà aux nombreux avantages que la classe ouvrière occidentale a acquis au cours des années. Maintenant que le libre marché, dans sa forme la plus vile, fait une entrée triomphale à l'Est, il va également triompher en Occident. «Le capitalisme à visage humain» est remplacé par «le capitalisme haïssant l'humain». L'anticommunisme de gauche n'a jamais vu venir ces pertes parce qu'il n'a jamais compris quel rôle les puissances communistes en place jouaient lorsqu'en fait, elles tempéraient les impulsions les plus graves du capitalisme et de l'impérialisme occidentaux. Et parce que cet anticommunisme de gauche a toujours considéré le communisme comme un authentique fléau. Même à ce jour, ils sont encore nombreux à ne pas l'avoir compris.

La contradiction entre marché libre et démocratie

Les anticommunistes s'emparent du pouvoir en Europe de l'Est et en Union soviétique dans les années 1989-1991. Ils commencent par imposer leur idéologie bourgeoise à la vie politique et culturelle : les communistes sont écartés du gouvernement, de la presse, des universités, de certaines professions et des tribunaux. Bien que ces anticommunistes se soient fait passer pour des réformateurs démocrates, ils perdent bien vite patience avec les expressions démocratiques de la résistance populaire qui les empêchent d'introduire un capitalisme effréné de libre marché. En Russie, les alliés du président Boris Eltsine évoquent le «danger de la démocratie». Ils se plaignent de ce que «la plupart des organes de représentation sont devenus une entrave à leurs réformes (du marché)». Manifestement, le libre marché ­ qui selon les «réformateurs» constitue la véritable base de la démocratie politique ­ ne peut pas être introduit par des moyens démocratiques. En 1992, les présidents de la Pologne, de la Tchécoslovaquie et de la Russie demandent la suspension de leurs parlements et le droit de gouverner par décret présidentiel. Ils proposent des mesures répressives contre les «nostalgiques» et tous ceux qui refusent de se soumettre aux «réformes» du libre marché. Ils ne sont pas là pour donner le pouvoir au peuple, mais pour assurer un maximum de profit aux privilégiés.

Cette démocratisation par l'oppression a déjà débuté avant le renversement du communisme, à vrai dire. En 1991, Mikhaïl Gorbatchev, met le Parti communiste de l'Union soviétique hors-la-loi. Les fonds et bâtiments du parti sont saisis. Les travailleurs n'ont plus le droit de mener la moindre activité politique sur leur lieu de travail. Six journaux de gauche sont interdits. Les médias américains, et même de nombreux progressistes américains, accueillent cette oppression comme «un pas en avant en matière de réformes démocratiques». A l'époque, Gorbatchev demande que le Congrès russe se dissolve de lui-même : celui-ci s'oppose aux changements avec trop d'opiniâtreté. En fait, le Congrès ne s'oppose pas à la concertation démocratique ni aux élections ouvertes à plusieurs partis d'ailleurs, celles-ci ont déjà eu lieu. Le Congrès doit se dissoudre parce qu'il s'oppose à un capitalisme effréné de libre marché. Durant les débats, Gorbatchev coupe les micros à plusieurs reprises et menace le Congrès de le dissoudre lui-même via un décret d'urgence. Il fait revoter à trois reprises jusqu'à ce que la liquidation souhaitée soit acquise.

Attaque contre le Parlement, les syndicats, les partis d'opposition

Fin 1993, Eltsine recourt à la violence pour dissoudre le Parlement russe et toutes sortes d'autres organes élus, y compris les conseils communaux et régionaux. Il supprime également la Cour constitutionnelle russe et lance une attaque armée contre le siège du Parlement, opération au cours de laquelle quelque deux mille opposants et manifestants perdent la vie. Des milliers d'autres sont incarcérés sans le chef d'accusation ni procès. Eltsine interdit aux syndicats toute forme d'activité politique, supprime des dizaines de publications, contrôle toutes les stations de radio et de télévision, met définitivement hors-la-loi quinze partis politiques. Il supprime unilatéralement la Constitution et en impose une nouvelle qui confère au président un pouvoir quasiment absolu. Pour ces méfaits, les dirigeants et les médias américains le louent en tant que défenseur de la démocratie. Ce qui leur plait le plus, chez Eltsine, c'est qu'il «n'hésite jamais à accorder son soutien à la privatisation» (San Francisco Chronicle, 6 juillet 1994).

A deux reprises, le «démocrate» Eltsine interdit la parution de la Pravda, le journal du Parti communiste. Il impose au journal des prix de location inhabituels pour l'insertion de son propre matériel. En mars 1992, il fait saisir les presses et le bâtiment de douze étages et en cède la propriété à la Rossiiskaia Gazeta, un journal gouvernemental, entièrement pro-Eltsine, donc. Les troupes de choc qui constituent l'«élite» d'Eltsine attaquent régulièrement les manifestants de gauche et les piquets à Moscou et dans les autres villes russes. Andrei Aidzedzhis, un député indépendant, et Valentin Martemianov, un communiste, tous deux virulents opposants au gouvernement Eltsine, sont assassinés pour motifs politiques. En 1994, Dmitri Cholodov, un journaliste qui enquête sur la corruption dans les hautes sphères, perd la vie lui aussi.


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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 12:33
La fragilité d'une insurrection sans centralisation

La centralisation et une industrialisation fortement dirigée étaient absolument indispensables dans les années 30 pour pouvoir vaincre les nazis : la construction des fondations du plus grand complexe sidérurgique au monde à Magnitogorsk, en 1934. Un chantier mené à la hâte et à mains nues. Ce complexe sidérurgique allait jouer un rôle décisif durant la guerre.

Pour pouvoir survivre, une révolution populaire doit saisir et utiliser la puissance de l'Etat pour (a) libérer la communauté du joug dans lequel la maintient la classe qui possède les richesses et les institutions (b) offrir une résistance à la contre-attaque réactionnaire qui peut arriver. Les dangers externes et internes auxquels est confrontée une révolution rendent indispensable une puissance étatique centralisée, bien que cela ne plaise à personne : ni en Russie soviétique en 1917, ni dans le Nicaragua des Sandinistes en 1980.

Friedrich Engels donne un exemple frappant de cela. Après une révolte en Espagne en 1872-73, les anarchistes ont pris le pouvoir dans toute une série de communes à travers le pays. Initialement, la situation semblait prometteuse. Le roi avait abdiqué et la force armée dont le gouvernement bourgeois disposait se résumait à quelques milliers d'hommes mal entraînés. Pourtant, cette petite bande désordonnée a obtenu la victoire car elle était confrontée à une résistance très éparpillée. «Chaque village s'est proclamé canton indépendant et a mis sur pied un comité révolutionnaire (junta)», écrit Engels. «Chaque village était seul car on avait à l'esprit que ce n'était pas la collaboration avec les autres villages qui était le but essentiel mais seulement l'indépendance absolue. Ainsi, on a exclu d'avance la possibilité d'une attaque commune (contre les puissances bourgeoises).» Ce sont «la fragmentation et l'isolement des combattants révolutionnaires qui ont permis aux troupes du gouvernement de mater une révolte après l'autre.»1

La division appelle une attaque de l'ennemi

Une autonomie décentralisée à petite échelle est fatale pour une insurrection, c'est même probablement une des raisons pour lesquelles chaque révolution anarcho-syndicaliste a échoué jusqu'ici. Une participation ouvrière locale, indépendante, avec une bureaucratie réduite au minimum, une force policière et militaire limitée, ... tout cela serait effectivement très beau. Cela pourrait constituer la base du socialisme ...si le socialisme avait la chance de pouvoir se développer sans les attaques et le travail de sape contre-révolutionnaires. En 1918-20, quatorze pays capitalistes, les Etats-Unis y compris, ont envahi l'Union soviétique dans une tentative sanglante, mais vaine, de renverser le gouvernement bolchevique. Les années d'invasions étrangères et de guerres civiles ont en grande partie déterminé la mentalité d'assiégés des Bolcheviques, pour qui la seule solution était dès lors l'unité du parti et un appareil de sécurité répressif. Le même Lénine qui avait encouragé la démocratie au sein du parti et, contrairement à Trotski, voulait donner une plus grande autonomie aux syndicats, a appelé en mai 1921 à mettre fin à l'opposition ouvrière et aux autres fractions existant dans le parti.

Trotski était l'un des leaders bolcheviques les plus autoritaires et le moins enclin à tolérer l'autonomie organisationnelle, certains points de vue et la démocratie à l'intérieur du parti. Mais en automne 1923, ramené à une position minoritaire et mis à l'écart par Staline et d'autres, Trotski s'est soudainement déclaré ouvert à la transparence au sein du parti et à la démocratie ouvrière. Depuis lors, il est encensé par certains partisans comme un démocrate antistalinien.

«Il est temps», a dit Lénine devant l'assemblée enthousiaste et unanime du Dixième Congrès du parti, «de mettre fin à l'opposition, cela a assez duré : nous avons connu assez de résistance.» Les communistes ont décidé que les différends affirmés et les tendances contradictoires devaient cesser dans et hors du parti. Les signes de dissension et de faiblesse avaient continuellement favorisé l'attaque d'ennemis redoutables.

Le destin de l'individu et celui du peuple

A la fin des années 20, les Soviets avaient le choix (a) de mettre toutes leurs forces en oeuvre pour une centralisation plus forte avec une économie dirigée, une collectivisation agraire et une industrialisation forcées sous la direction autocratique du parti, le choix de Staline, ou (b) d'emprunter la voie d'une libéralisation qui permette plus de diversité politique, plus d'autonomie pour les syndicats et les organisations, plus d'intervention et de critique ouvertes, plus d'autonomie pour les différentes républiques soviétiques, un secteur de petites entreprises en propriété privée, un développement agraire indépendant par la population paysanne, plus d'accent sur les biens de consommation et moins sur l'accumulation du capital, indispensable pour construire une bonne base militaro-industrielle. La seconde voie aurait, selon moi, pu mener à une société plus confortable, plus humaine et plus serviable. () Le seul problème est que le pays aurait couru le risque de ne pas être prêt à combattre les attaques nazies. Au lieu de cela, l'Union soviétique a commencé une industrialisation rigoureuse, poussée. (..) Dix ans de construction ont fait naître le plus grand complexe sidérurgique d'Europe, une énorme base industrielle totalement neuve à l'est de l'Oural, au milieu des steppes arides, en attendant une invasion de l'ouest. «On a dépensé des flots d'argent, les hommes ont souffert de la faim et de la soif, mais la construction a continué sans se soucier des individus et avec un héroïsme massif rarement égalé dans l'histoire.»2

La prévision de Staline selon laquelle l'Union soviétique n'aurait que dix ans pour faire ce que les Britanniques ont fait en un siècle, fut exacte. Lorsque les nazis ont envahi l'Union soviétique en 1941, cette même base industrielle, en sécurité à des milliers de kilomètres du front, a fourni des armes de guerre qui ont finalement pu régler le conflit.

1 Marx, Engels, Lénine, Anarchism and Anarcho-Syndicalism: Selected Writings (New York, International Publishers, 1972) · 2 John Scott, Behind the Urals, an American Worker in Russia's City of Steel (Boston, Houghton Mifflin, 1942)


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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 12:31
Certains trouvent le communisme pire que les crimes contre l'humanité


Le professeur américain Michael Parenti et le débat sur le passé (2e partie) Photo: enfants vietnamiens après une attaque américaine au napalm. (Photo Nick Ut)

Certains trouvent le communisme pire que les crimes contre l'humanité
Globalisation, récession, régression sociale et économique durable et profonde en Europe de l'Est, pourtant libérée de la «dictature communiste». Les interrogations et la lutte contre ces fléaux annoncent la fin de la fin de l'histoire. Les gens se mettent en mouvement, de Seattle à Göteborg, de Gênes à Bruxelles. Dans ce contexte, le débat sur le passé prend toute son importance. Cette semaine, nous publions une deuxième contribution du professeur américain en sciences politiques Michael Parenti, dont EPO vient de publier l'ouvrage Zwarthemden & Roden, (Chemises noires et rouges, le fascisme rationnel et le renversement du communisme). Cette contribution est extraite du troisième chapitre de son ouvrage.*

Pour les anticommunistes de gauche, chaque association avec des organisations communistes est moralement inacceptable à cause des «méfaits du communisme». Néanmoins, nombre d'entre eux entretiennent des contacts, en tant que membres ou électeurs, avec le Parti Démocrate aux Etats-Unis. Visiblement, ils se soucient peu des méfaits politiques moralement inacceptables que les dirigeants de cette organisation ont commis. Sous la direction démocrate, 120.000 Américains d'origine japonaise ont été emmenés et enfermés dans des camps; on a jeté des bombes sur Hiroshima et Nagasaki; le FBI a reçu l'autorisation d'infiltrer des organisations politiques; sur base du Smith Act et à cause de leurs convictions politiques, les dirigeants du Trotskyist Socialist Workers Party ont été arrêtés, puis ce fut au tour des dirigeants communistes; des camps d'enfermement ont été mis sur pied pour interner les dissidents politiques en cas d' «état d'urgence national»; fin des années 40 et début des années 50, huit mille fonctionnaires fédéraux ont été licenciés à cause de leurs idées ou de leurs liens politiques; durant la chasse aux sorcières, des milliers d'autres ont subi le même sort, toutes catégories professionnelles confondues; on a utilisé le Neutrality Act pour imposer à la République espagnole un embargo qui arrangeait les légions fascistes de Franco; dans différents pays du tiers-monde, des programmes anti-émeutes meurtriers ont été mis en place; la guerre du Vietnam s'est intensifiée. Et pendant la majeure partie du 20ème siècle, le Parti Démocrate, qui avait la majorité au Congrès, a défendu la séparation des races. Il a interdit toutes les propositions de loi contre les partis lyncheurs et pour des conditions de travail équitables. Et pourtant, malgré tous ces méfaits qui ont causé morts et désolations, les progressistes, les socio-démocrates et les «démocrates socialistes» anticommunistes n'ont pas demandé la condamnation du Parti Démocrate ou, en tout cas, pas avec la même intolérance enflammée que celle que le communisme a dû endurer.

Beaucoup de progressistes ne veulent pas être associés aux organisations communistes, mais entretiennent des liens avec le Parti Démocrate aux Etats-Unis, qui a commis de nombreux méfaits. Photo: enfants vietnamiens après une attaque au napalm. (Photo Nick Ut)

Points de divergences

Selon certains Américains de gauche, les bouleversements survenus en Europe de l'Est n'ont pas signifié le déclin du socialisme, car le socialisme n'a jamais existé dans ces pays. Ils prétendent que les Etats communistes n'offraient rien de plus qu'un capitalisme d'Etat bureaucratique dans un système à un seul parti, ou quelque chose du genre. Que nous appelions auparavant les pays communistes «socialistes» n'est qu'une question de définition. Il suffit de dire qu'ils étaient différents de ce qui se passait dans le monde capitaliste axé sur le profit ­ comme les capitalistes s'en sont eux-mêmes rapidement aperçus.

Au tout début, il y a avait dans les pays communistes moins d'inégalité économique que sous le gouvernement capitaliste. Le revenu personnel et le style de vie du gouvernement et du parti dirigeant restaient modestes. Les dirigeants soviétiques comme Youri Andropov et Léonide Brezjnev n'habitaient pas dans des demeures luxueusement aménagées comme la Maison Blanche, mais dans des appartements relativement grands près du Kremlin, dans un projet de nouvelles constructions destiné aux leaders du gouvernement. Il y avait des limousines à leur disposition (comme c'est d'usage pour les chefs d'Etat) et ils avaient accès aux grandes datchas où ils recevaient les dignitaires de haut rang. Mais il leur manquait l'immense richesse personnelle dont disposaient la plupart des dirigeants américains.

La presse américaine parlait souvent du «luxe» dans lequel vivaient les dirigeants de parti est-allemands. En réalité, ceux-ci touchaient une rémunération d'environ 800 euros (32.000 FB) en espèces et une habitation dans un complexe exclusif dans la périphérie de Berlin, avec un sauna commun, une piscine couverte et un centre de fitness. Ils pouvaient faire des achats dans des magasins où l'on vendait des produits occidentaux, comme des bananes, des jeans et des appareils ménagers importés du Japon. Cette presse omettait cependant de mentionner que les autres Est-allemands disposaient, eux aussi, de piscines et de salles de gymnastique publiques, qu'ils pouvaient acheter des jeans et des appareils ménagers (même s'ils étaient généralement de production est-allemande). Et surtout, ce «luxe» des dirigeants est-allemands n'était jamais comparé aux richesses exorbitantes de la ploutocratie occidentale.

En deuxième lieu, les forces de production dans les pays communistes n'étaient pas organisées sur base de la course au bénéficie ou de l'ambition de s'enrichir. La propriété commune des moyens de production prédominait sur la propriété privée. Les individus n'étaient pas autorisés à employer d'autres individus dans le but d'accumuler des richesses. Par rapport à l'Occident, les différences de revenus et d'économies restaient généralement faibles. En Union soviétique, la catégorie de revenus la plus élevée gagnait jusqu'à cinq fois le revenu de la catégorie de revenus la plus basse. Aux Etats-Unis, le revenu annuel des multimilliardaires les plus riches s'élève jusqu'à dix mille fois celui des salaires les plus faibles.

En troisième lieu, le service social était prioritaire. Même si la vie sous le communisme présentait de nombreuses carences, ces pays garantissaient à leurs citoyens un niveau de vie et de sécurité économique minimal: enseignement, emploi, logement et assistance médicale.

En quatrième lieu, les pays communistes ne cherchaient pas à placer des investissements rentables dans les pays étrangers. Ils ne s'appropriaient pas les terres, la main d'uvre, les marchés et les matières premières des pays plus faibles et ils ne se rendaient pas coupables d'impérialisme économique, parce que la soif de bénéfice leur était étranger et qu'il ne recherchaient pas sans cesse de nouvelles possibilités d'investissement. L'Union soviétique observait des relations de commerce et d'assistance correctes dont ont profité entre autres les pays de l'Est, la Mongolie, Cuba et l'Inde.

Voilà les principes organisationnels propres à pratiquement tout système communiste. Rien de tout cela dans les pays dominés par l'économie de marché, comme le Honduras, le Guatemala, la Thaïlande, la Corée du Sud, le Chili, l'Indonésie, le Zaïre de Mobutu, l'Allemagne, et les Etats-Unis...

* Ce livre n'est traduit qu'en néerlandais.

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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 12:29
La gauche anticommuniste chasse elle-même les sorcières


Michael Parenti, professeur américain de sciences politiques:

Aux Etats-Unis (et dans tout l'Occident, ndlr), le lobby de la pensée dominante propage l'anticommunisme dans la population depuis plus de cent ans. Celui-ci a fini par ressembler davantage à une orthodoxie religieuse qu'à une analyse politique.

Pendant la Guerre Froide, les thèses idéologiques de l'anticommunisme ont manipulé toutes les données sur les sociétés communistes existantes pour en faire des «témoins à charge». Quand les Soviétiques refusaient de négocier, ils étaient implacables et fauteurs de guerre; s'ils faisaient des concessions, c'était une manuvre de déstabilisation. Si les églises russes étaient vides, c'était la preuve que la religion était réprimée; si elles se remplissaient, c'était que les gens repoussaient l'idéologie athéiste du régime. Quand les travailleurs faisaient grève (ce qui était rare), c'était la preuve de l'aliénation du système collectiviste. S'ils ne faisaient pas grève, c'est parce qu'ils étaient intimidés et que la liberté d'action leur était enlevée. Une pénurie des biens de consommation était due à un système économique en faillite; un meilleur approvisionnement prouvait que les dirigeants voulaient renforcer leur pouvoir en apaisant le peuple récalcitrant.

Si les communistes ont joué un rôle important aux Etats-Unis dans la lutte pour les droits des travailleurs, des pauvres, des Afro-américains, des femmes, c'était seulement pour gagner le soutien des groupes exclus et élargir ainsi leur pouvoir. Mais à la question «comment obtenir du pouvoir en défendant les droits de ceux qui n'en n'ont pas», personne ne répondait.

Une génuflexion pour l'orthodoxie

Aux Etats-Unis, beaucoup de gens de gauche ont développé des sentiments anticommunistes et antisoviétiques qui, en matière d'hostilité et de grossièreté, n'ont rien à envier à la droite. A propos des «intellectuels de gauche», Noam Chomsky dit qu'ils tentent de «prendre le pouvoir en abusant des grands mouvements populaires» pour «opprimer ensuite le peuple par la violence»...1 ()

Avec d'autres, certaines personnes de gauche retombent sur le stéréotype vieilli des velléités communistes du pouvoir qui recherchent le pouvoir pour le pouvoir et n'accordent aucune importance à quelque fin sociale que ce soit. Si c'est le cas, on peut se demander pourquoi les communistes choisissent chaque fois le côté des pauvres et des sans-droits. Pourquoi se sacrifient-ils au lieu de profiter des avantages qu'un engagement auprès des riches leur rapporterait sans aucun doute?

Des décennies durant, de très nombreux écrivains et orateurs de gauche ont essayé aux USA de renforcer leur crédibilité en prêtant leur voix à l'anticommunisme et à la critique de l'Union Soviétique. Ils se sentaient visiblement obligés de prendre position contre le communisme dans chaque discours, critique ou article sur n'importe quel sujet politique. Le but de cela était, et est encore, de se distancier de la gauche marxiste-léniniste.

Adam Hochschild, un éditeur et écrivain progressiste, a prévenu les auteurs de gauche que «cela nuirait à leur crédibilité» s'ils ne condamnaient pas les sociétés communistes existantes.2 () Ronald Radosh a imploré le mouvement pour la paix de s'épurer de tous les communistes, sous peine d'être accusé de sympathie communiste.3 Si je comprends bien Radosh, nous devons tous devenir des chasseurs de sorcières pour échapper à la chasse aux sorcières communistes.

Communistes chassés
du syndicat: un million
et demi d'affiliés en moins

Préserver la gauche du communisme est devenu une tradition, ce qui n'a pas manqué de nuire à certains objectifs de la gauche. En 1949 par exemple, une douzaine de syndicats ont été exclus du CIO (confédération syndicale américaine, ndlr) car des communistes siégeaient dans leurs organes de gestion. Cette épuration a brutalement fait chuter le nombre d'affiliés au CIO: 1,7 millions de membres en moins. En outre, elle a eu des conséquences désastreuses pour le recrutement de nouveaux membres et a clairement limité l'influence politique de la confédération. ()

Même dans leur lutte contre la droite, les critiques de gauche ne peuvent s'empêcher de soumettre leurs lettres de créance anticommunistes. Ainsi Mark Green écrivait dans une critique sur le président Ronald Reagan: «Lorsque son catéchisme conservateur sera mis à l'épreuve, (Reagan) ne changera pas son point de vue mais bien les faits, tel un inflexible marxiste-léniniste.»4

La gauche chasseuse de communistes a renforcé le climat hostile qui a donné carte blanche aux dirigeants US pour mener des guerres froides et chaudes contre les pays communistes. C'est ainsi qu'elle a empêché jusqu'ici les idées progressistes d'avoir ne fût-ce que l'ombre d'une chance. (...)

La gauche américaine manque totalement d'évaluation rationnelle de l'Union Soviétique. Ce pays a connu, pendant les premières années de son existence, une longue guerre civile et une agression étrangère multinationale. Deux décennies plus tard, il a défait le monstre nazi, au prix de nombreuses vies. Après la révolution bolchevique, les Soviétiques ont permis en trois décennies un progrès industriel que le capitalisme avait mis un siècle à réaliser. Ils ont nourri et éduqué leurs enfants au lieu de les faire travailler quatorze heures par jour comme le faisaient, et le font encore, les capitalistes dans de grandes parties du monde. (...)

La gauche anticommuniste est restée épouvantablement insensible aux progrès impressionnants réalisés par les masses de populations pauvres sous le communisme. Certains ont même affiché leur mépris envers ces réalisations. Je me souviens comment à Burlington, Vermont, en 1971, le célèbre anarchiste anticommuniste Murray Bookchin s'est moqué de mon souci pour «ces pauvres enfants qui ont enfin reçu à manger sous le communisme» (sic).

1 Z. Magazine, 10/95 ·2 Guardian, 23/05/84 · 3 Guardian, 16/03/83 · 4 Mark Green en Gail MacColl, New York, Pantheon Books, There He Goes Again: Ronald Reagan's Reign of Terror (1983), 12.

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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 12:20
Sommaire :

Le capitalisme : source de pauvreté et de misère

Economie des USA : une bombe à retardement

Le miracle économique socialiste


Le capitalisme : source de pauvreté et de misère
(Thomas Gounet, EM n°45 - 1999)

''Le capitalisme apporte richesse et bien-être, par contre, le communisme n'apporte que pauvreté et misère.'' Tel est le message que nous serinent quotidiennement les médias, l'enseignement, les partis politiques... Il n'y a pas de mensonge plus flagrant. Les rapports annuels du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) prouvent le contraire et font voler en éclats le miroir aux alouettes du capitalisme. Le PNUD est l'agence de l'ONU qui se penche sur la problématique de la pauvreté et du développement du tiers monde. Chaque année, il publie un rapport reprenant les données chiffrées les plus importantes sur la répartition des richesses, sur la situation des soins de santé, etc. 1, dans tous les pays.

Le gouffre mortel...

Il est impossible de ne pas voir ce gouffre hallucinant entre riches et pauvres. L'étendue de la fortune détenue par une poignée de capitalistes est tout simplement incroyable : Les dix hommes les plus riches de la planète possèdent une fortune égale à une fois et demie celle de l'ensemble des cinquante pays les plus pauvres qui comptent quelque 540 millions d'êtres humains. 2 Près de 400 multimilliardaires sont aussi riches que 45 pour-cent de la population totale de la planète. 3 Le Mexicain le plus riche possède à lui seul autant que 17 millions de ses concitoyens les plus pauvres. 4 Au niveau mondial, par rapport aux 20% les plus riches, les 20% plus pauvres consomment : 11 fois moins de viande, 17 fois moins d'énergie, 77 fois moins de papier, 145 fois moins de voitures 5

... ne cesse de s'élargir !

L'heure n'est pas à l'amélioration de la situation. Le gouffre entre riches et pauvres ne cesse de s'élargir. En 1960, les 20% les plus riches possédaient 30 fois plus que les 20% les plus pauvres. En 1994, ce rapport était déjà passé à 78. 6 Alors que les riches ne cessent d'accumuler, les pauvres s'enfoncent davantage dans la misère. La consommation mondiale totale a, à peu près, doublé au cours des vingt dernières années. Elle a atteint le niveau incongru de 840 000 milliards de BEF par an. 7 La richesse globale s'accroît, par conséquent, alors que la pauvreté et la misère augmentent tout autant.

· Depuis 1980, le milliard le plus pauvre sur la planète a vu ses revenus régresser. 8

· Un Africain consomme aujourd'hui en moyenne 20% de moins qu'il y a 25 ans. 9

· Au cours de ces quinze dernières années, le nombre d'habitants ''extrêmement pauvres'' a doublé en Amérique latine. 10

· Au Mexique, le nombre de pauvres augmente chaque année d'un million d'unités. 11

· Aujourd'hui, 3 milliards d'êtres humains doivent se débrouiller avec un revenu quotidien inférieur à 70 BEF et un milliard d'entre eux doivent même se contenter de moins de 35 BEF. 12

· En 1970, le nombre d'êtres humains complètement sous-alimentés n'était encore que de 103 millions. Aujourd'hui, plus de 215 millions d'hommes, de femmes et d'enfants sont touchés par ce fléau. 13

Jamais le capitalisme n'a produit autant de marchandises, et pourtant la misère n'a jamais été si grande non plus. La soif de profit du capital marche littéralement sur des millions de cadavres. Notre système économique, tant encensé dans les universités, condamne en réalité des centaines de millions d'humains à une existence dénuée de la moindre perspective.

· Chaque année, 17 millions d'enfants meurent de maladies aisément guérissables : soit le décès de 46 500 enfants par jour. 14

· L'exploitation du travail des enfants concerne, dans les pays en voie de développement, quelque 75 millions de gosses. Ces enfants travaillent dans des conditions inhumaines. Ils se prostituent ou sont ''esclavagisés''. 15

· Un habitant sur trois des pays les moins développés n'atteint pas l'âge de quarante ans. 16

· Quelque 840 millions d'humains souffrent de la faim. 17 Ils sont presque autant à ne pas recevoir de soins médicaux. 18

· 1,5 milliard d'êtres humains n'ont pas accès à l'eau potable. 19 1,1 milliard n'ont pas de logement. 20

· Environ la moitié des habitants de la planète ne dispose pas d'installations sanitaires. 21

Les chiffres des rapports annuels ne vont pas plus loin que 1995, donc bien avant la crise qui a éclaté en Asie et dans le reste du monde... Dans les pays riches également, la pauvreté et la misère s'accroissent. Dans les prétendus pays ''développés'', entre 7 et 17% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. 22 Les conditions de vie indignes et inhumaines ne constituent pas l'apanage des gens du tiers monde. Plus de 100 millions de personnes vivant dans le Nord prospère partagent le même sort !

· Plus de 10 millions d'êtres humains sont sans-abri. 23

· Au moins 37 millions sont sans emploi. 24

· Les Etats-Unis comptent 30 millions de pauvres. Environ la moitié de la population noire vit dans la pauvreté. 13 millions d'enfants de moins de douze ans connaissent la faim. 25

· En Grande-Bretagne, depuis les années 1980, le nombre de pauvres est passé de 9 à 15%. Aujourd'hui, un million et demi de familles n'ont pas suffisamment à manger. 26

· En Allemagne, il y a 6 millions de pauvres. Un étranger sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté. 27

· Le travail des enfants en Europe concerne 2 millions de gosses. 28

Le capitalisme n'est pas le remède mais bien la cause

La pauvreté n'est pas un phénomène naturel. Ce n'est pas non plus un coup du sort. Il est même possible de la résoudre très simplement. 80 milliards de dollars suffisent annuellement pour permettre à chacun d'accéder à l'enseignement et aux soins de santé. Ce montant, suffisant pour éradiquer la pauvreté la plus criante dans le monde, est inférieur au revenu cumulé des sept personnes les plus riches de la planète... 29 Il représente à peine 0,35% du revenu annuel des pays industrialisés. 30 Mais, dans la politique d'aide au développement, les pays riches n'arrivent pas à rassembler ce montant ridiculement modeste. Au total, ils consacrent 58 milliards de dollars à cette ''aide'', soit 0,25% de leur revenu annuel global. 31 Et cette ''aide'' ne peut empêcher l'élargissement de l'écart des revenus dans le monde. Ce n'est pas difficile à comprendre quand on sait qu'à peine 2,1% de l'aide au développement sont consacrés aux soins de santé et 1,3% à l'alphabétisation et à l'enseignement élémentaire. 32 L'annulation de la dette extérieure des vingt pays les plus pauvres coûte entre 6 et 8 milliards de dollars. C'est moins que le coût du bombardier américain Stealth (Le furtif)... 33 ''Pourquoi consacre-t-on si peu de moyens à améliorer le développement humain dans ces pays où le besoin s'en fait le plus sentir ?'' 34, se demandent alors désespérément les experts de l'ONU.

La réponse est simple. La seule chose qui compte dans le système capitaliste mondial, c'est le profit des capitalistes privés. Aussi l'éradication de la pauvreté ne constitue nullement une priorité. Au contraire, les rapports de l'ONU permettent d'établir comment chaque année quelque 800 milliards de dollars sont pompés des pays du Sud suite à la faiblesse de leur position sur le marché mondial et au remboursement de leur dette. 35 Si, en outre, nous prenons en compte la fuite des capitaux et les relations directes d'exploitation, il est même possible que ce montant atteigne entre 1 200 et 1 600 milliards de dollars. En d'autres termes, les pays du tiers monde sont dépouillés annuellement de 25% à 30% environ des richesses qu'ils produisent. Il n'est donc guère étonnant que ce gouffre ne cesse de s'élargir. Le capitalisme ne peut ni ne veut apporter une solution à la pauvreté. Bien au contraire, le capitalisme est la cause de la misère qui sévit à l'échelle mondiale. La problématique de la nutrition montre à quel point ce système est absurde et criminel. Ces dix dernières années, la production alimentaire s'est accrue d'un cinquième. Bien qu'on n'ait jamais produit autant de denrées alimentaires, près de 800 millions d'êtres humains continuent de souffrir de la faim. 36 Environ 90 pays pauvres consacrent la moitié de leurs devises étrangères à l'importation de nourriture. Et pourtant, la plupart de ces pays sont en état de produire eux-mêmes ces denrées alimentaires en suffisance. 37

Seulement, les rapports de force impérialistes les en empêchent. En Europe et aux Etats-Unis, l'agriculture est très richement subsidiée. De ce fait, les importantes multinationales de l'alimentation peuvent attaquer les marchés du tiers monde, 38 en vendant leurs produits à des prix plus bas que ceux de la production locale. Les paysans locaux ne peuvent absolument pas résister à cette concurrence déloyale et courent donc immanquablement à la faillite. Le cas du maïs aux Philippines est un très bon exemple. Dans le cadre de la libéralisation du commerce sur le plan mondial, ce pays a été forcé d'ouvrir ses frontières, entre autres pour permettre l'importation de maïs en provenance des Etats-Unis. Chaque fermier américain reçoit sous forme de subsides environ cent fois le salaire d'un paysan moyen aux Philippines. 39 Dans de telles conditions, il n'est pas difficile de prévoir le vainqueur, ou de prétendre que nous avons affaire à un marché 'libre-échangiste' où chacun a sa chance.

Le socialisme est supérieur

Les récentes évolutions auxquelles on a assisté en Europe de l'Est et en Europe centrale prouvent, de toute évidence, que le capitalisme sème la mort et la destruction. Dans seize des dix-huit pays qui se sont 'libérés' du socialisme, la pauvreté n'a cessé de croître depuis la chute du Mur de Berlin. Le nombre de pauvres y est passé de 14 millions en 1990 à 120 millions en 1995. 40 L'introduction du capitalisme et de la 'démocratie' dans les anciens pays socialistes a déjà coûté la vie à deux millions de personnes 41. Dans cette optique l'Inde capitaliste ne supporte pas la comparaison avec la Chine communiste. En effet, si l'Inde pouvait proposer les mêmes soins de santé que la Chine, il y mourrait annuellement 1,7 millions d'enfants en moins 42. La même chose vaut pour la comparaison entre Cuba communiste et l'Amérique latine capitaliste. Avec les équipements sanitaires et médicaux dont dispose Cuba, 400 000 enfants latino-américains pourraient être sauvés chaque année et 20 000 femmes de moins mourraient en couches. 43 Chaque année, en Amérique latine, 95 000 personnes meurent de mort violente suite à la violence politique et sociale. 44 A Cuba, pas une seule.

A ce propos, les chiffres ne mentent pas, le socialisme obtient des résultats incomparablement meilleurs. Dans un moment d'inattention, les experts de l'ONU reconnaissent l'effet bienfaiteur du socialisme : ''A l'époque de la guerre froide, la menace du communisme représentait pour les régimes non communistes un incitant important à améliorer la situation des pauvres. Les gouvernements de l'Indonésie, de la Corée du Sud, de la Malaisie et de la Thaïlande améliorèrent le sort des démunis afin de prévenir les troubles sociaux et les révoltes.'' 45

Le capitalisme tente de s'accrocher

Le capitalisme s'avère intéressant pour une élite privilégiée mais plonge la grande majorité des êtres humains dans la misère. Seul le socialisme est en mesure de résoudre les problèmes de la pauvreté, de la santé, de l'enseignement, de l'emploi, pour tout le monde... Le capitalisme est dans une impasse et, en maints endroits, la situation est explosive. Toutes les conditions sont présentes pour renverser le système. Les experts de l'ONU s'en rendent parfaitement compte.

L'euphorie qui a suivi la chute du Mur de Berlin cède progressivement la place à l'angoisse et à la panique au sein de la classe capitaliste. ''La pauvreté est criante'', écrivent ces experts. ''Elle peut déclencher des réactions violentes. Ceux qui profitent du statu quo ont souvent défendu leurs positions par la violence. Et dans le passé, lorsque le mécontentement et la frustration ont atteint un point critique, les pauvres en maints endroits ont recouru à la lutte armée.'' 46 Les experts insistent à juste titre sur le fait que la situation actuelle constitue un terreau fertile pour la naissance d'insurrections et de révolutions. Cela, ils craignent comme la peste. C'est pourquoi ils se mettent anxieusement en quête de 'réformes pacifiques'. Toutefois, ils se rendent parfaitement compte que les réformes progressives et l'action non violente ne fourniront que peu de résultats : ''Toute stratégie qui désire éradiquer cette pauvreté doit tenir compte du fait qu'un très grand nombre de personnes ont tout intérêt à ce que survive cette pauvreté.'' 47 L'histoire de ce siècle nous permet en effet de voir que seul le renversement de la classe capitaliste est à même d'ouvrir la voie menant à l'amélioration du sort des masses et que seule la construction du socialisme pourra éliminer définitivement la pauvreté et la misère. Au cours de chaque année perdue à attendre, le capitalisme mondial tue des dizaines de millions d'êtres humains et en précipite des centaines de millions d'autres dans des conditions de vie absolument indignes.

Tableau 1 : Les priorités du capitalisme mondial 48

Montant annuel nécessaire pour :

Enseignement pour tous :
6 milliards US $

Eau potable pour tous :
9 milliards US $

Accouchement normal pour toutes les femmes :
12 milliards US $

Soins de santé de base et nourriture pour tous :
13 milliards US $

Suppression de la pauvreté extrême :
40 milliards US $

Dépenses annuelles pour :

Fêtes et divertissements des managers japonais :
35 milliards US $

Boissons alcoolisées en Europe :
105 milliards US $

Drogues :
400 milliards US $

Armement :
780 milliards US $

Publicité et marketing :
1 000 milliards US $

Source : Human Devellopment Report 1998


Les ''bienfaits'' du capitalisme en Europe de l'Est et en Europe centrale

Depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, la situation en Europe de l'Est et dans l'ancienne Union soviétique a considérablement empiré. Dans 16 des 18 pays, la pauvreté s'est accrue depuis l'abandon du communisme. 49 Dans l'ancienne Union soviétique, le nombre de pauvres est passé de 14 millions à 120 millions. 50 Aujourd'hui, plus d'un tiers de la population doit se débrouiller avec moins de 140 BEF par jour. 51 En Russie même, plus de 60% des enfants de moins de six ans vivent en dessous du seuil de pauvreté. En Bulgarie, ce chiffre est de 40%, de 35% en Roumanie et de 20% en Pologne. 52 En Russie, 14% des enfants sont sous-alimentés de façon chronique. 53

En Pologne, deux tiers des mères célibataires vivent avec moins que le revenu minimum d'existence. Dans ce même pays, le nombre de suicides a augmenté de 25%. Dans d'autres pays de l'ancienne Union soviétique, ce chiffre a même doublé. 54 Par rapport à 1989, la criminalité en Bulgarie est quatre fois plus forte, et trois fois plus forte en Hongrie, en Tchéquie et en Slovaquie. 55 En Pologne, le nombre de meurtres a augmenté de 60%. Dans d'autres pays, cette augmentation dépasse même 250%. 56 En Russie, l'espérance de vie de la population masculine a baissé de 63 ans à 58 ans, c'est-à-dire moins qu'en Bolivie et au Lesotho. 57 Le rapport de l'ONU estime le nombre de morts dans les anciens pays socialistes suite aux nouvelles maladies (aisément guérissables) et aux conflits armés à quelque 2 millions depuis le passage au capitalisme. 58

La Chine communiste par rapport à l'Inde capitaliste

Depuis le début de la révolution, la Chine a enregistré des progrès impressionnants dans sa lutte contre la pauvreté. Le taux de mortalité infantile, c'est-à-dire le nombre d'enfants mourant avant d'avoir atteint l'âge d'un an, a baissé. Il est passé de 200 pour 1 000 à 42 pour 1 000. L'espérance de vie a presque doublé en passant de 35 ans à 69 ans. Le pourcentage d'analphabètes a été ramené à 19%. En 1949, l'écrasante majorité de la population vivait encore dans une pauvreté abyssale. Ce chiffre a baissé et n'était plus que de 9% dans les années 1980. Et la faim a été totalement éradiquée. 59

En Inde, au contraire, plus de la moitié des enfants de moins de quatre ans sont sous-alimentés. Dans les campagnes, 39% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, contre 30% dans les villes. La moitié de la population est toujours analphabète. L'espérance de vie y est de 61 ans, soit 8 ans de moins qu'en Chine. 60 Si l'Inde pouvait proposer les mêmes soins de santé qu'en Chine, annuellement, 1,7 millions d'enfants échapperaient à la mort. 61

C'est le capitalisme qui provoque le problème des réfugiés et qui en tire des profits supplémentaires

L'impérialisme sème la mort et la destruction. En conséquence, de très nombreuses personnes s'enfuient. Actuellement, il y a un total de 46 millions d'expatriés. La plupart se sont réfugiés ailleurs dans leur propre pays. Environ 16 millions de réfugiés se trouvent dans un autre pays que le leur. Sur ces 46 millions, les pays du tiers monde en accueillent eux-mêmes quelque 40 millions. 6 millions seulement cherchent refuge dans les pays riches. 62 Par-dessus le marché, le capitalisme tente encore de tirer de substantiels profits de cet afflux de réfugiés.

On importe des 'étrangers' en fonction des besoins du capitalisme, c'est ce qu'on appelle le 'contingentement'. Les étrangers hautement qualifiés ou bien nantis sont les seuls bienvenus. Les autres sont refoulés. Les 'illégaux' qui parviennent toutefois à entrer doivent pour survivre travailler à des salaires ridiculement bas et sans la moindre protection sociale. Le rapport du PNUD de 1997 déclare : ''Même les pays qui se sont constitués sur base de l'immigration, comme l'Australie, le Canada et les Etats-Unis, deviennent de plus en plus regardants en ce qui concerne les personnes qu'ils souhaitent laisser entrer. Ils donnent la priorité aux personnes hautement qualifiées, ce qui fait que les meilleures forces vives ne cessent de quitter les pays en voie de développement. Et alors qu'ils limitent de plus en plus l'afflux de réfugiés, ils accueillent favorablement ceux qui se présentent avec d'importants capitaux.'' 63 Ceci prouve très clairement que le problème des réfugiés est une composante de la lutte des classes, aussi bien chez nous qu'à l'échelle mondiale.

La catastrophe écologique

L'insatiable faim que connaît le capital dévore également la nature. Depuis 1945, en raison de la progression de la désertification et de la pollution du sol, 2 milliards d'hectares de terres fertiles ont été perdus, soit l'équivalent de la superficie totale de l'Inde, de la Chine et du Brésil mis ensemble. 64 À l'échelle mondiale, le nombre de kilomètres carrés de forêts par millier d'habitants a baissé, depuis 1970, en passant de 11,4 à 7,3. 65 L'émission de dioxyde de carbone s'est multipliée par quatre depuis 1950. 66 Mais ici aussi, ce sont les paysans et les travailleurs du Sud qui sont les principales victimes. ''Bien que les populations démunies soient les plus touchées par les dégâts causés à l'environnement, elles en sont rarement la cause principale'', fait remarquer un rapport du PNUD de 1998. 67 Aux Philippines, rien que sous le régime Marcos, la moitié de la superficie totale en forêts a disparu. Quelques centaines de capitalistes y ont fait main basse sur 1.500 milliards de francs (BEF) de bénéfices et ont abandonné les 18 millions d'habitants des zones forestières dans le complet dénuement et dans un environnement complètement détruit. 68 Les conséquences néfastes du déboisement et de la destruction des terres fertiles sévissent pour 80% dans les pays en voie de développement. 69 Actuellement, 130 millions d'habitants du Sud doivent se battre jour après jour contre une pénurie d'eau. Vers le milieu du 21e siècle, ce chiffre pourrait grimper jusqu'à 1 milliard et certains avancent même le chiffre de 2,5 milliards. 70

60% des dégagements de dioxyde de carbone proviennent des pays industrialisés (20% de la population totale) mais ce sont les pays du Sud qui en souffrent le plus en raison de leur type de climat. 71 Annuellement, 2,7 millions de personnes meurent des effets de la pollution atmosphérique. La plupart sont originaires du tiers monde. 72 Le Nord ne sait plus que faire de ses montagnes de déchets. Il n'hésite, par conséquent, pas à larguer toute sa crasse dans le Sud. Aussi, par exemple, le Paraguay et l'Uruguay sont-ils devenus les destinations favorites des déchets en provenance de l'Europe et des Etats-Unis. 73 Au moins un demi-milliard de personnes, parmi les plus démunies de notre planète, vivent dans un environnement naturel complètement dégénéré. Environ 135 millions de personnes courent désormais l'imminent danger de devenir des réfugiés 'écologiques'. 74

Notes : 1. Human Development Report, 1996, 1997 et 1998. Abrégé par la suite en HDR, suivi de l'année de parution. • 2. HDR, 1997, p.38. • 3. HDR,1996, p.2. • 4. HDR, 1997, p.38. • 5. HDR, 1998, p.0. • 6. HDR, 1997, p.9. • 7. HDR, 1998, p.1. • 8. HDR, 1998, p.7. • 9. HDR, 1998, p.2. • 10. PNUD, Discussion Paper Series nr. 2, 1996, p.32; Unicef, La situation des enfants dans le monde. Récapitulatif. Bruxelles 1997, p.33. • 11. De Morgen, 14 octobre 1998. • 12. HDR, 1998, p.51. • 13. HDR, 1998, p.50. • 14. HDR, 1998, p.50. • 15. HDR, 1997, p.31. • 16. HDR, 1997, p.5. • 17. HDR, 1997, p.5. • 18. HDR, 1998, p.2. • 19. Id. • 20. Id. • 21. Id. • 22. Id. • 23. Id. • 24. HDR, 1998, p.27. • 25. HDR, 1998, p.51. • 26. HDR, 1997, p.73. • 27. HDR, 1997, p.61. • 28. Le Monde Diplomatique, janvier 1998, p.1. • 29. HDR, 1997, p.112. • 30. Calcul effectué sur base de HDR, 1997, p.183. • 31. HDR, 1998, p.37. • 32. Knack, 11 novembre 1998, p.61. • 33. HDR, 1997, p.93. • 34. HDR, 1998, p.37. • 35. HDR, 1997, p.84 en 85. • 36. HDR, 1996, p.20. • 37. HDR, 1997, p.86. • 38. Le dumping n'est autre que la vente à un prix inférieur au prix de revient, et ce, dans l'intention d'écraser les concurrents. • 39. HDR, 1997, p.85. • 40. HDR, 1997, p.35. • 41. HDR, 1997, p.29. • 42. Calcul effectué sur base de HDR, 1998, pp.156-7 et pp.176-7. • 43. Id. • 44. The Economist, 8 mars 1997. • 45. HDR, 1997, p.104. • 46. HDR,1997, p.94. • 47. HDR, 1997, p.95. • 48. HDR, 1998, p.63. • 49. HDR, 1997, p.89.• 50. HDR, 1997, p.35. • 51. HDR, 1997, p.3. • 52. HDR, 1997, p.35. • 53. HDR, 1997, p.79. • 54. HDR, 1997, p.35. • 55. HDR, 1997, p.31. • 56. HDR, 1997, p.35. • 57. HDR, 1997, p.80. • 58. HDR, 1997, p.29. • 59. HDR, 1997, p.49. • 60. HDR, 1997, p.51. • 61. Calcul effectué sur base de HDR, 1998, pp.156-7 et 176-7. • 62. HDR, 1997, pp.65-6. • 63. HDR, 1997, p.85. • 64. HDR, 1998, p.55. • 65. HDR, 1998, p.54. • 66. HDR, 1998, p.56. • 67. HDR, 1998, p.66. • 68. HDR, 1998, p.74. • 69. HDR, 1998, p.55. • 70. Id. • 71. HDR, 1998, p.57. • 72. HDR, 1998, p.67. • 73. HDR, 1998, p.73. • 74. HDR, 1998, p.74.

Economie des USA : Une bombe à retardement

(Raisa Pages, Granma international, 25 Avril 2002)

Le pragmatisme nord-américain a cédé du terrain devant la nécessité de diffuser une image économique optimiste devant les autres pays. La grande majorité des économistes des États-Unis considère que la récession prendra fin en 2002, mais ni le développement de l'industrie de guerre, ni l'augmentation des dépenses du Pentagone n'ont pu contrecarrer les dégâts occasionnés par la hausse soutenue du prix du pétrole et la réaction en chaîne déclenchée par le scandale de la compagnie Enron.

Un consultant nord-américain, Isaac Cohen, a déclaré que la hausse des prix de l'énergie peut freiner la relance. Devant la montée des prix des combustibles, les banques centrales ne manqueront pas d'augmenter leurs taux d'intérêt, ce qui aura un effet négatif sur l'expansion économique.

Pour Richard Clarida, sous-secrétaire au Trésor, le gouvernement attend une réactivation des investissements des entreprises, mais la baisse de ces dépenses se poursuit depuis quatre trimestres consécutifs, ce qui n'était pas arrivé depuis 1992, lorsque cet indicateur économique avait baissé durant un an et demi.

«Les résultats des entreprises confirment le pessimisme de Wall Street» : c'est ainsi que CNN titre un commentaire sur des déclarations publiées par le Wall Street Journal. James Paulsen, directeur général des investissememts de Wells Capital Management, se demande s'ils traversent une période prolongée de stagnation ou, du moins, de rendements médiocres.

«Il existe de nombreuses incertitudes quant à l'évolution du second semestre», rapporte Charles Hills, directeur de recherche de First Call. La perte de confiance des investisseurs occasionnée par l'existence de conduites illégales pour couvrir la faillite de l'entreprise Enron, influe négativement sur le retour à l'expansion économique.

Irrationalité spéculative

L'économie de la première puissance mondiale est devenue une énorme «bulle financière», par le biais d'un processus spéculatif irrationnel à la bourse des valeurs. Le capital financier nord-américain rassemble une énorme masse d'argent qui dépasse largement la valeur de la production en biens et services du pays. Réellement, les causes profondes de la récession des États-Unis n'ont pas été suffisamment mises à jour. La majorité des experts ne paraissent pas convenir de la nécessité d'en approfondir les motifs.

À la recherche de points de vue spécialisés, Granma international a interviewé le docteur en Sciences économiques, Francisco Covarrubias, chercheur au Centre d'études de l'économie internationale de Cuba (CIEM), qui explique que la forte expansion de l'économie des États-Unis durant les annés 90 a laissé un lourd fardeau de déséquilibres économiques et financiers. L'expansion économique de la première économie de la planète est due essentiellement aux ressources financières extérieures, a-t-il souligné. Pour l'année 2001, elles ont représenté environ 26% des investissements totaux dans le pays, plus du triple qu'en 1995.

«La recherche de hautes marges de bénéfices faciles et rapides —favorisée par les avancées technologiques, les changements institutionnels et une importante entrée de capitaux étrangers— a intensifié le transfert massif des entreprises et des particuliers vers les marchés financiers, surtout vers l'achat et la vente d'actions, ce qui a créé d'énormes disparités entre l'hyperdynamisme de ce marché et le reste des activités économiques».

La perte de revenus, en 18 mois, du fait de la dépréciation de la valeur des titres donnait, en septembre 2001, un résultat équivalant à 75% du Produit intérieur brut des États-Unis, une proportion supérieure à celle qui a suivi le krach de 1929.

L'endettement démesuré des familles et des compagnies nord-américaines va bien au-delà de leurs réelles capacités de paiement, ce à quoi il faut ajouter que la principale garantie est la valeur virtuelle des actions qu'ils possèdent, affirme le docteur Covarrubias. Fin 2001, la dette des foyers nord-américains absorbait plus de 92% de leurs revenus. Et pour ce qui concerne les entreprises, la valeur de leurs obligations contractées dépassait le 100% du PIB étatsunien, c'est-à-dire 10 milliards de dollars.

Perte de crédibilité bancaire

Pour l'expert cubain, l'autre aspect de cette spirale d'endettement est la conduite irresponsable des banques nord-américaines et étrangères. Les banques ont autorisé trop largement les crédits, sans respecter les règles les plus élémentaires et en acceptant comme unique garantie les titres boursiers, a-t-il souligné. Les organismes financiers nord-américains ont même octroyé des prêts à des personnes non solvables qui, en raison de leurs antécédents bancaires, ne trouvent nulle part de possibilités de financement. Il s'agit, a-t-il expliqué, d'encaisser d'importants intérêts et des commissions encore plus fortes.

Ces crédits, appelés «subprime», sont passés de 27 milliards de dollars au début des années 90 à plus de 430 milliards de dollars actuellement, ce qui équivaut à 10% de tous les prêts hypothécaires étasuniens. Ce qui est en question, c'est la fiabilité des banques nord-américaines. Huit des 22 organismes financiers qui ont fait faillite depuis 1997 avait alloué un grand nombre de prêts «subprime».

Un autre élémemt de déséquilibre économique est la progressive diminution des possibilités d'épargne des familles nord-américaines, qui a atteint le niveau le plus bas de toute l'histoire économique du pays. Le plus inquiétant est que plus de 60% des économies personnelles des Étasuniens sont placées dans la roulette de «l'économie de casino».

Artifices économiques et augmentation du chômage

Le léger changememt observé —sur lequel se basent les plus optimistes pour penser que le plus dur de la récession est passé— est consécutif à la hausse de la consommation de biens durables observée au dernier trimestre de 2001, le meilleur chiffre de ces 15 dernières années. Cependant, cette tendance est le résultat des campagnes de ventes à terme sans intérêt, lancées par les trois grands constructeurs automobiles de Détroit (General Motors, Ford et Chrysler) qui ont généré des ventes record d'octobre à décembre.

La guerre en Afghanistan et les dépenses engagées pour renforcer la sécurité intérieure du pays, ont réanimé le complexe militaro-industriel, non seulement du fait de l'augmentation des dépenses du Pentagone, qui ont progressé de 9% après les événements du 11 septembre, mais aussi de l'armement des pays alliés dans la croisade anti-terroriste lancée par Washington. Tout cela a contribué à l'augmentation des dépenses publiques.

Certains analystes basent leurs critères d'avenir sur une prévision de la baisse du taux de chômage, due d'ailleurs à un artifice comptable qui ne prend en compte que ceux qui déclarent être à la recherche d'un emploi et non les personnes déçues par une recherche infructueuse et qui ont choisi de faire valoir leur droit à la retraite avant la perte de leur poste de travail. Les études relatives au marché de l'emploi indiquent que le chômage va continuer de monter et atteindre 6,5%, indépendament de l'évolution du PIB, affirme l'expert du CIEM.

Industrie en chute libre

Depuis les 15 mois de la deuxième guerre mondiale, une telle baisse aussi prolongée de la production industrielle n'avait jamais été enregistrée. Ce secteur a réduit son personnel de 1 300 000 travailleurs, soit 7% des emplois.

Les ventes d'automobiles ont enregistré une chute spectaculaire et les faillites historiques ont ébranlé le système boursier des États-Unis. Le syndrome Enron prédit d'autres déboires. Alan Greenspan, président de la Junte fédérale de réserve, a reconnu lui-même que « ... le degré de vigueur des investissements financiers et le niveau de dépense des foyers restent incertains».

L'endettement et la spéculation, les moteurs de l'économie de consommation nord-américaine, constituent une véritable bombe à retardement, que rien ne pourra désamorcer, pas même les guerres providentielles.

Le miracle économique socialiste

(Thomas Gounet)

A propos du livre "Victoires et déboires. Histoire économique et sociale du monde du XVIe siècle à nos jours" de Paul Bairoch

Depuis la chute du mur de Berlin en 1989, il est une évidence que la bourgeoisie mondiale ne veut plus mettre en question : le capitalisme a gagné ; il est plus efficace que le socialisme ; il a remporté la bataille économique ; et, en outre, il est démocratique, alors que le socialisme est ''totalitaire'', un mot qui ne veut rien dire, mais qui a l'avantage de placer sur le même pied communisme et fascisme. Sur cette base, l'arrogance patronale est sans bornes. Tout doit disparaître au profit des multinationales, car elles sont les seules à pouvoir apporter la prospérité et le progrès à l'humanité.

Témoin de cette certitude, le nouveau livre de l'Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), le club des pays riches, intitulé ''Pour l'ouverture des marchés''. Les avantages de la libéralisation des échanges et de l'investissement. Dans celui-ci, on peut lire en effet : ''S'il demeure exact - ce qui est probablement inacceptable - que 1,5 milliard de personnes vivent encore dans la misère aujourd'hui, il n'en est pas moins vrai que le relèvement des niveaux de vie associé à un ordre commercial plus libéral a effectivement contribué à tirer quelque 3 milliards d'autres individus hors de la pauvreté depuis la fin de la guerre.'' 1

Et : ''Le commerce et l'investissement internationaux n'opèrent pas un partage entre gagnants d'un côté et perdants de l'autre. En fait, le commerce et l'investissement offrent à tous les pays la possibilité d'atteindre une plus grande prospérité.'' 2

Le livre de Paul Bairoch, Victoires et déboires. Histoire économique et sociale du monde du XVIe siècle à nos jours, permet de réfuter ce genre d'affirmations gratuites. Bairoch est économiste, spécialiste des données quantitatives. Il veut retracer, à travers 2 788 pages, l'histoire du monde depuis l'an 1500. La tentative ne manque pas d'atouts et mérite le détour en tant que telle, car basée sur des faits et des chiffres. Le point faible réside sur le plan théorique : il essaie de formuler des conclusions générales à partir des données quantitatives, au lieu de débattre des théories en tant que telles sur base des chiffres et des faits. Mais un des points les plus intéressants, c'est le constat que Bairoch tire de l'expérience des pays socialistes : ce sont de relatifs succès économiques.

Et, pourtant, il souligne, comme tous les anticommunistes, le caractère ''non démocratique'' des régimes qui ont instauré une alternative au capitalisme. Il utilise aussi les sources occidentales, car il trouve que celles élaborées par les experts socialistes ne sont pas assez fiables. Il tente sans cesse de relativiser les conclusions auxquelles il doit aboutir en lisant les données quantitatives qu'il présente. Ce n'est donc pas un livre complaisant pour le socialisme.

Un même constat positif pour les autres économies socialistes :

Bairoch s'attaque alors à une autre grande expérience socialiste : la Chine. De nouveau, l'analyse est simple : la période capitaliste est celle de la stagnation et de la misère ; après 1949 et la révolution, c'est le progrès économique et social, certes pas uniforme, mais quand même rapide si on le considère sur une longue période. L'économiste souligne :

''La Chine, au moment de la création de la république populaire, est un pays meurtri par les conséquences de l'invasion japonaise et la longue guerre civile. En revanche, elle a hérité aussi des investissements réalisés par le Japon en Mandchourie. Toutefois, son niveau d'industrialisation par habitant vers 1949 était à peu de chose près celui de 1938 qui, lui-même, n'était que légèrement supérieur à celui de 1913 ; donc, pratiquement une stagnation du niveau d'industrialisation entre 1913 et 1949, alors qu'en Inde, par exemple, on a assisté à un doublement. Vers 1949, le niveau d'industrialisation de la Chine était voisin ou un peu inférieur à celui de la moyenne du tiers monde à économie de marché. Or, le niveau atteint par la Chine en 1976 à la mort de Mao est (d'après mes estimations basées sur les sources occidentales) supérieur de quelque 65 à 70% au niveau d'industrialisation moyen du tiers monde à économie de marché (mais supérieur de seulement 40 à 45% à celui de l'Inde ; et inférieur de 60 à 70% à celui du Brésil).'' 13

Et l'économiste d'ajouter ce qui est remarquable dans cette performance : primo, cette croissance concerne une longue période ; secundo, c'est un pays très important du point de vue démographique ; tertio, le pays a été très peu aidé par l'étranger.

Il aborde les autres pays socialistes : Vietnam, Corée du Nord, Cuba. Le plus intéressant est son analyse de l'île américaine.

Son titre est évocateur : ''Cuba : un déséquilibre entre réussite sociale et débâcle économique.'' 14 Il souligne les performances en matière de bien-être de la population : mortalité infantile de 9 pour mille, au milieu des années 90, contre 47 pour mille ailleurs en Amérique latine ; espérance de vie de 76 ans, contre 64 ans en Amérique latine ; scolarisation dans le secondaire de 89%, contre 53% en Amérique latine... Les soins médicaux sont presque gratuits et le nombre de médecins est passé de 6 000 en 1960 à 19 000 en 1985. 15

Mais que dit-il de l'échec économique ? ''En raison notamment de l'embargo commercial, la croissance n'a pas été rapide, et (...) en raison de la fin des relations privilégiées avec les pays de l'Est, entre 1989 et 1993, on a assisté à un recul de près de 40% du PNB''. Mais ajoute-t-il de suite : ''1994 et, surtout, 1995 furent des années de reprise''. 16 Donc cette 'faillite' est due à deux facteurs extérieurs : le blocus américain, mis en place en août 1960, suite à l'expropriation en mai 1959 des propriétaires fonciers américains, et renforcé en mai 1996 par la loi sanctionnant même les firmes non américaines si elles ont des relations avec Cuba ; la chute du socialisme dans les pays de l'Est qui ont mis fin presque du jour au lendemain aux relations qu'ils avaient avec l'île. Ce n'est donc pas le système qui est mis en cause. Au contraire. Car on pourrait se demander comment ce pays dispose d'autant de facilités sociales, comment il peut les financer, alors qu'en Europe, beaucoup plus riche, les patrons et leurs gouvernements sont en train de les démanteler.

3. Le capitalisme, producteur de misère :

Bairoch en arrive donc à montrer les succès économiques des pays socialistes, même s'il s'en défend. On peut même en conclure que, sur les plans économique et social, le socialisme a triomphé. Car le constat sur le capitalisme est terrible et totalement contraire à ce que présentent les capitalistes, notamment l'OCDE. C'est la polarisation généralisée entre riches et pauvres à l'échelle de la planète. L'économiste écrit :

''Mais, dès 1860-1870, entre le futur tiers monde et le futur monde développé, l'écart en termes de niveau de vie moyen était déjà de 1 à 2 ; et l'essentiel de cet écart provenait d'une progression du niveau des pays développés. Dès 1950, il s'établissait à 1 à 5,1. Malgré le ralentissement de la croissance des pays développés à partir de 1975, cet écart est de 1 à 7,4 vers 1980. Durant la décennie 1980-1990, le ralentissement de la croissance ayant été beaucoup plus marqué dans le tiers monde que dans les pays développés, l'écart se creuse encore très sensiblement puisque, en 1990, l'écart est de 1 à 8. Durant les premières années de la décennie 1990, vu la faible croissance économique enregistrée par les pays développés occidentaux ainsi que le fort recul des pays ex-communistes et la forte croissance de la Chine, l'écart entre le tiers monde et le monde développé s'est même rétréci ; en 1995, il s'établissait de 1 à 6,9.'' 17

Et Bairoch propose un tableau dont la colonne la plus intéressante est celle qui montre l'écart du niveau de vie entre les pays développés occidentaux et les nations du tiers monde à économie de marché, c'est-à-dire la différence dans le développement au sein même du système capitaliste. Les chiffres sont édifiants, prouvant la disparité croissante entre pays riches et pays pauvres : 1 à 5,7 en 1950 (les pays développés sont 5,7 fois plus riches que les nations du tiers monde) ; 1 à 6,5 en 1960 ; 1 à 8,4 en 1970 ; 1 à 8,5 en 1980, un ralentissement de l'écart dû à la crise économique, qui fait chuter la production en 1974 et 1975, puis en 1979 et 1980 ; 1 à 10,2 en 1990 ; enfin, 1 à 10,3 en 1995. 18

On peut voir aussi que le capitalisme agressif des années 80 (Thatcher et Reagan) a entraîné non pas plus de développement et de sortie de la pauvreté, mais, au contraire, une plus grande différence entre pays riches et pauvres. Malgré les 'miracles' de l'Asie de l'Est (Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong, Singapour, Malaisie, Thaïlande, etc.).

Il n'y a plus qu'à montrer qu'à l'intérieur des pays industrialisés, l'écart entre riches capitalistes et pauvres s'accroît. Une vérité que Bairoch dessine à un autre endroit du livre. Il souligne, par exemple, que les pauvres, définis comme tels par l'Etat, passent de 22% de la population en 1950 à 11% au milieu des années 1970, grâce aux transferts sociaux de revenus, mais remontent à 14,5% en 1994. 19 Le constat n'est pas tendre non plus pour l'Europe, qui défend soi-disant des ''valeurs sociales'' : le taux de pauvreté passe de 11,4% en 1975 pour l'Union européenne (9 pays) à 14,9% en 1985 (12 pays). 20 Et, pour la Grande-Bretagne, c'est un véritable carton rouge : de 6% en 1975 à 23% en 1993. L'inégalité s'aggrave presque partout, titre l'économiste. Aux Etats-Unis, les 20% les plus riches sont en moyenne 7,5 fois plus fortunés que les 20% les plus pauvres en 1971, mais 11,5 fois en 1993 21. On pourrait ainsi continuer.

Evidemment, Bairoch ne présente pas une théorie alternative pour expliquer la chute du socialisme à l'Est. De toute façon, il ne peut le faire, prisonnier de sa vision quantitativiste du monde. Mais son livre est clair sur un point : ce n'est pas l'échec économique qui a conduit au renversement du socialisme. Pour avoir une vision sur ce sujet, mieux vaut se référer à d'autres ouvrages, comme Un autre regard sur Staline ou L'URSS, la contre-révolution de velours. 22

Notes : 1 - OCDE, Pour l'ouverture des marchés. Les avantages de la libéralisation des échanges et de l'investissement, Paris, 1998, p.35. 2 - OCDE, op. cit., p.46. 3 - Paul Bairoch, Victoires et déboires. Histoire économique et sociale du monde du XVIe siècle à nos jours, p.268. 4 - Paul Bairoch, op. cit., p.280. 5 - Paul Bairoch, op. cit., p.285. 6 - Ludo Martens, Un autre regard sur Staline, éditions EPO, Bruxelles, 1994. 7 - Paul Bairoch, op. cit., p.287-288. 8 - Paul Bairoch, op. cit., p.329. 9 - Paul Bairoch, op. cit., p.290. 10 - Paul Bairoch, op. cit., p.291. 11 - Paul Bairoch, op. cit., p.290. 12 - Paul Bairoch, op. cit., p.292. 13 - Paul Bairoch, op. cit., p.892-893. 14 - Paul Bairoch, op. cit., p.1033. 15 - Paul Bairoch, op. cit., p.1034-1035. 16 - Paul Bairoch, op. cit., p.1035. 17 - Paul Bairoch, op. cit., p.1036-1068. 18 - Paul Bairoch, op. cit., p.1037. 19 - Paul Bairoch, op. cit., p.532. 20 - Paul Bairoch, op. cit., p.535. 21 - Paul Bairoch, op. cit., p.537. 22 - Ludo Martens, L'URSS et la contre-révolution de velours, éditions EPO, Bruxelles, 1991.

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Dimanche 8 juillet 2007 7 08 /07 /Juil /2007 11:59
Dire que la Russie et l'Union Soviétique léniniste (de 1917  à 1924)a été antisémite ou ennemie des Juifs est un mensonge et même un sinistre mensonge ! Karl Marx ,fondateur du communisme, était entièrement Juif: il appartenait à une lignée de rabbins. Une très grande partie - environ 80% - des commissaires directeurs de la Russie léniniste étaient d'origine juive.

12 des 19 membres du premier gouvernement de Lénine étaient juifs, parmi ceux-ci les suivants : Schmidt (Commissaire en chef pour les travaux publics), Pfenigstein (Commissaire en chef pour la déportation des contre-révolutionnaires), Kukorskij (Commissaire au commerce), Schlichter (Commissaire en chef pour la confiscation des Biens privés) et Simasko (Commissaire en chef pour la Santé).

Les Juifs étaient encore en nombre plus élevé dans les différents commissariats. Au Ministère de l'Intérieur, il y avait par exemple 9 Juifs parmi les 10 commissaires : Ederer, Rosental, Goldenrubin, Krasikow, Rudnik, Krohmal, Martensohn, Pfeifermann,et Schneider.

Au commissariat du ministère des Affaires étrangères, les 17 diplomates bolcheviques appartenaient tous au Peuple d'Israel. : Margolin, Fritz, Joffe, Lewin, Axelrod, Beck, Beintler, Martins, Rosenfeld, Vorovskij, Voikoff, Malkin, Rako, Manuilskij, Atzbaum, Beck et GrundBaum.

Au Commissariat supérieur économique, 13 des 14 membres étaient de la lignée d'Abraham. : Merzvin, Solfein, Harskyn, Berta Hinewitz, Gurko, Gladneff, Axelrod, Michaelsohn, Fürstenberg, et Kogon (secrétaire de Fürstenberg)

Au commissariat pour la Justice, tous les 8 commissaires étaient juifs :Steinberg, Berman, Lutzk, Berg, Koinbark, Schrewin, Gaussmann, et Schrader.

Au commissariat supérieur pour la formation publique, 7 des 8 commissaires de même que leurs collaborateurs les plus proches étaient juifs :Groinim, Lurie, Rosenfzeld, Jatz, Sternberg, Zolotin et Grünberg.

Au commissariat pour l'Armée Rouge il y avait seulement des Juifs, 15 en tout : Trotsky, Schorodak, Slanks, Petz, Gerschenfeld, Fruntze, Fiscmann, Potzern, Schutzmann, Gübelmann, Eviensohn, Dietz, Glusmann, Beckmann et Kahlmann.

De la même manière, 14 Juifs siégeaient au Soviet Suprême pour le Commerce national :

Kamenjev, Krasokov, Schotmann, Hekina, Eismobd, Landemann, Kreinitz, Alperovitj, Herzen, Schilmon, Tavrid, Rotenberg, Klammer et Kisswalter. Au commissariat supérieur de la représentation publique les 6 membres et leurs plus proches collaborateurs étaient juifs.

Au Comité central du Parti siégeait Lénine, qui était Juif (sa mère, née Blank, était juive) avec deux non-Juifs et 27 Juifs : Swerdlow, Kremmer, Bronstein, Katz, Goldstein, Abelmann, Zünderbaum, Uritzki, Rhein, Schmidowitz, Zeimbuhr, Rifkin, Schirota, Tschenilowski, Lewin, Weltmann, Axelrod, Fuschmann, Kraiskow, Knitzunck, Rader, Haskyn, Goldenrubin, Frisch, Bleichmann, Lantzner et Lischatz.

Dans la police secrète, la Tchéka, qui a précédé le GPU et le NKVD, 31 des 34 commissaires en chef étaient juifs : Derzhinski, Limbert, Vogel, Deipkhyn, Bizenskij, Razmirovitj, Sverdlov, Jahnsohn, Kneiwitz, Finesch, Delavnoff, Ziskyn, Golden, Scholovski, Rentenberg, Pernstein, Knigkiesen, Blumkin, Grunberg, Lanz, Heikina, Ripfkin, Kamkov, Jacks, Woinstein, Leindovitj, Gleistein, Helphan, Lazarevitj, Silencus et Mohdel.

On pourrait encore allonger longtemps la liste des commissaires juifs dans la jeune Union Soviétique. La prédominance juive des révolutionnaires bolcheviques était écrasante, ce qui a été depuis longtemps parfaitement prouvé par les documents . Tout parle en faveur du fait que la " révolution russe " au fond n'était pas russe mais a été une révolution juive. Les protecteurs socialistes du peuple russe étaient en majorité juifs. 

Dans un livre blanc officiel britannique sur les origines de la révolution bolchevique, est cité l'ambassadeur néerlandais à Pétrograd qui avait dit le 6 septembre 1918 : " Le bolchevisme est organisé et dirigé par des juifs dont le seul but est la chute de l'ordre établi. "

Dès les années 1920, Lénine soutenait les sionistes contre l'impérialisme britannique et français.Des stagiaires ont étés envoyés se former en Union Soviétique par la Haganah (groupe sioniste, ancêtre de l'armée israélienne), vers 1932.

«La Révolution bolchevik», déclara un important journal de la communauté juive américaine en 1920, «fut en grande partie le produit de la pensée juive, du mécontentement juif, de l'effort juif pour reconstruire.»

LE SIONISME SOCIALISTE:LE KIBBOUTZ

Il y a un siècle environ, un petit groupe de jeunes immigrants juifs religieux originaires d'Europe de l'Est, mus par les idéaux sioniste et socialiste, fondaient sur les rives du lac de Tibériade la première kvoutza (groupe en hébreu, groupement auquel fut ultérieurement donné le nom de kibboutz, communauté basée sur l'adhésion à un même mode de vie rural). Ils appelèrent ce kibboutz Degania, qui est depuis considéré comme la mère des kibboutzim.

Leur kvoutza, ils la voulaient cohérente et égalitaire, fondée sur la propriété collective des moyens de production et de consommation. Un cadre de vie où tous les membres prenaient les décisions de concert et à la majorité, et se partageaient équitablement droits et devoirs.

Le kibboutz est, par définition :

une communauté délibérément formée par ses membres, à vocation essentiellement agricole, où il n'existe pas de propriété privée et qui est censée pourvoir à tous les besoins de ses membres et de leurs familles. (Encyclopedia Judaica, 1969)
une unité de peuplement dont les membres sont organisés en collectivité sur la base de la propriété commune des biens, préconisant le travail individuel, l'égalité entre tous et la coopération de tous les membres dans tous les domaines de la production, de la consommation et de l'éducation. (Définition juridique figurant dans le Registre des sociétés coopératives)

L'AIDE DE CERTAINS COMMUNISTES SOVIETIQUES A LA CREATION DE L'ETAT D'ISRAEL.

La politique soviétique marqua un grand tournant en 1947. Pour la diplomatie soviétique, il n'était plus question d'Etat-binational. Le 14 mai, le Ministre des Affaires étrangères soviétique, Gromyko, engagea officiellement son pays dans “ la politique du partage ”.A l'approche du jour fatidique, les Anglais et les Américains étaient contre.Aussi, ils tentèrent d'y substituer une tutelle internationale. C'est à ce moment-là qu'entra en scène, André Gromyko. Il contre-attaqua pour défendre le plan de partage avec une telle énergie que le représentant de l'Agence Juive à New-York, Abba Eban en était ravi : “ je me suis mis à participer presque chaque soir à des réunions avec des représentants soviétiques, dont Gromyko, pendant lesquelles jouant les conspirateurs, nous cherchions les moyens de faire échec à la proposition américaine ”.Huit mois plus tard, Faris Khoury constata les effets des pressions électorales excercées sur la politique américaine.Cependant le soutien soviétique ne fut pas que diplomatique. La guerre fut déclenchée. Le 28 mars, Ben Gouriondévoila à l'État-major, la contre-offensive avec le plan Dalet mais l'armement lourd faisait cruellement défaut.La résistance palestinienne tenait la plupart des grands axes routiers, assiègait la communauté juive de la ville de Jérusalem et encerclait les colonies.Le miracle pour l'Agence Juive vint de l'U.R.S.S. Plus exactement, du bateau tchécoslovaque : le “ Nora ” quitransporteait : “ 45000 fusils, 200 mitrailleuses et 5 millions de cartouches, force le blocus anglais et jette l'ancredans le port de Tel-Aviv ”.La Hagana réceptionna ensuite pour “ 11.000.000 de dollars d'armes provenant toujours de Prague ”.De multiples raisons, internes et externes à l'U.R.S.S, ont poussé celle-ci à aider à la naissance de l'État d'Israël.Nous retiendrons celle qui misait sur la création d'un État sioniste socialiste au Moyen-Orient allié face aux pays capitalistes.

1948 : Aide militaire soviétique à Israël : 8000 experts militaires juifs soviétiques venu apporter à la jeune armée israélienne leur expérience des combats de la seconde guerre mondiale.

Nombre important d'ex-militaires de l'Armée rouge rejoignent Israel , dont nombre d'officiers, qui participèrent à la guerre de 1948 contre les armées arabes et les milices palestiniennes. Ces dernières, pratiquement dépourvues d'expérience de la guerre moderne, durent donc affronter des homme qui s'étaient longuement et douloureusement forgés une compétence militaire en affrontant les divisions de la Wermacht, de la Waffen SS, de l'armée finlandaise…   (M. Villan)

Lénine était un Juif (kalmouk) marié à une Juive (Kroupskaya) dont les enfants parlaient le yiddish (Herbert Fitch, détective de Scotland Yard qui avait épié Lénine comme garçon de table pendant des mois déclara qu'il était typiquement Juif). Rapport "Secret Service".

Mr. Cohan, dans le journal "The Communist" de Kharkoff, n· 72, 12 avril 1919:

"On peut dire sans exagération que la grande révolution russe a été faite par la main des Juifs... Ce furent précisément les Juifs qui conduisirent le prolétariat russe à l'aurore de l'Internationale".

Au début du vingtième siècle:En Hongrie, les grands chefs socialistes furent les Juifs Béla Kun, Agoston Peter, Grunbaum, Weintein; en Bavière, ils s'appelaient: Kurt Eisner, Loewenberg, Birbaum, Kaiser; à Berlin la tentative de révolution eut pour chefs Rosa Luxembourg, Lewisohn, Moses; en Chine l'organisateur du bolchévisme est le Juif Borodine-Crusenberg; en Italie le chef marxiste était le Juif Claudio Trèves; au Brésil où l'insurrection marxiste avait comme chefs les Juifs Rosenberg, Gardelsran, Gutnik, Goldberg, Strenberg, Jacob Gria et W. Friedmann; en Espagne enfin, où la révolution rouge fut organisée par le Juif Béla Kun, entretenue par le Juif Rosenberg et défendue à la Société des Nations par le Juif Del Vayo."

Lénine était étroitement lié au judaïsme.Les preuves des origines juives de Lénine ont été découvertes dans les archives de Simbirsk (aujourd’hui Oulianovsk), ville natale de l’homme d’Etat soviétique, par une journaliste, Mariella Chaginian. La mère de Lénine, Miriem, dite Maria Alexandrovna, née à Simbirsk en 1835, était la fille d’un commerçant juif nommé Sender Blank.On a la preuve que le père de Maria, Alexander Blank, était un Juif d’Odessa qui prospéra considérablement après avoir accepté de se convertir au christianisme.L’identité de la grand-mère maternelle de Lénine, née Anna Grosschkoph, fille d’un riche marchand de St-Petersbourg, n’est pas trés claire. Il y a pour le moins une forte vraisemblance qu’elle était juive aussi.

 Lénine déclara à Lounatcharski : « Les juifs se sont montrés comme les plus révolutionnaires dans le milieu de la ‘Tcherta’ ; les juifs formèrent les principaux cadres de la révolution et portèrent la semence du socialisme parmi les masses russes plus arriérées ».

Lénine disait aussi:« Un Russe intelligent est presque toujours un Juif ou quelqu’un avec du sang juif dans les veines ».

Karl Heinrich Mordechai Marx(Karl Marx)descendait d'une grande lignée de rabbins.Son grand-père paternel, Marx-Levy, avait été rabbin à Trèves jusqu'à sa mort en 1789 ; son oncle paternel (Samuel) avait été grand rabbin du département de la Sarre et membre du grand Sanhedrin ; sa grand-mère paternelle descendait d'une lignée de rabbins célèbres depuis le XVIème siècle, tels que Jehuda ben Eliezer Halevy Minz (mort vers 1508), Meir Katzellenbogen, directeur de la Yechiva de Padoue (mort en 1591), Josua Heschel Lvov (1693-1771) ; sa mère, de son côté, était elle-même issue d'une famille de rabbins hollandais" in Francis Kaplan, Marx antisémite ? Imago/Berg International, Paris, 1990, p. 50. "...Herschel, le père (de Marx), devint au contraire avocat et se maria avec Henriette Presborck, descendante d'une famille de rabbins hollandais. Avocat, homme cultivé et ouvert aux idées du rationalisme des Lumières, il se convertit au protestantisme vers la fin de 1816 ou au début de 1817, changeant son prénom juif, Herschel, en Heinrich. Cette conversion fut imposée par la nécessité : c'était la condition indispensable pour exercer la profession d'avocat après l'introduction des lois qui interdisaient aux Juifs l'accès aux fonctions publiques. ..." in Enzo Traverso, Les Marxistes et la Question juive, Préface de Pierre Vidal-Naquet, 316p., La Brèche, Paris, 1990, p.255 note 9.

Le grand Rabbin Juda L. Magnes, New-York, 1919:"Les qualités radicales qui sont dans le Juif vont au fond des choses, en Allemagne il devient un Marx et un Lassalle, un Haas et un Edouard Bernstein; en Autriche il devient un Victor Adler et un Friedrich Adler, en Russie un Lénine. Voyez la situation présente en Allemagne et en Russie. La Révolution met en action les forces créatrices du Juif, voyez quel grand contingent de Juifs est immédiatement prêt pour la bataille. Socialistes, révolutionnaires, menchevicks, bolcheviks, socialistes majoritaires, minoritaires, de quelque nom qu'on les appelle, on trouve dans tous ces partis des Juifs comme leurs chefs dévoués et comme leurs travailleurs réguliers."

Contrairement à tout ce que l'on a dit sur l'athéisme de Lénine,Lénine était croyant!Et dans les minutes d'huissier de la Douma,on constate que Lénine ne faisait presque pas une phrase sans en appeller à Dieu!
Lénine n'était donc pas athé...C'est Staline qui l'était et à changé la Constitution de l'U.R.S.S. aprés la mort de Lénine pour y introduire l'Athéisme.

« Savez-vous, expliquait Marx, que le Socialisme est un mouvement dont les origines remontent aux cercles juifs et aux premiers monastères chrétiens. »

Marx et Engels ne sont pas pratiquants. Cependant, en 1871 Marx critique le programme de Bakounine qui prescrivait l'athéisme comme dogme aux membres de l'organisation ouvrière (Critique des programmes de Gotha et d'Erfurt - éditions sociales - 1972 - p.142). Et plus tard Engels s'oppose à l'inscription de la reconnaissance de l'athéisme dans le programme du Parti ouvrier.
Ainsi, quand l'Union Soviétique et la Chine Populaire ont décidé d'inscrire l'athéisme dans leur Constitution et de le déclarer doctrine officielle, ils n'ont pas respecté les recommandations de Marx et Engels ,ainsi que de Lénine.

C'est Moses Hess (le Rabbin Rouge),le fondateur du Sionisme Socialiste Religieux ,qui a ammené Engels au communisme!


David Hacohen, l'ambassadeur d'Israel en Birmanie, raconte comment les Chinois, dans les années 50, voulurent établir des liens avec Israel. Mais les Américains s'y opposèrent et l'affaire tourna court.

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