Quand l'émissaire du Hezbollah impose sa loi aux journalistes français

Publié le

Scandale du Hezbollah à Paris

L'article d'André Nahum et le commentaire de Simon Pilczer jeudi 9 juin 2005

Quand l'émissaire du Hezbollah impose sa loi aux journalistes français

André Nahum jeudi 9 Juin 2005

Monsieur Ali Daamouch, chargé des relations exterieures du Hezbollah libanais donnait lundi dernier une conférence de presse à Paris, sous l’égide du Club de presse arabe dans les locaux du Centre d’accueil de la presse étrangère, le CAPE, situés dans la Maison de Radio-France, et subventionnés par notre ministère des Affaires Etrangères.

Lorsqu’un journaliste nommé Sety Hendler lui posa de la façon la plus courtoise une question concernant l’échange de prisonniers entre Israel et son organisation, l’orateur lui demanda sa nationalité et apprenant qu’il était israélien, refusa de lui répondre en précisant bien, en arabe, que son refus était motivé par la nationalité de son interlocuteur.

Le journaliste outragé et humilié quitta immédiatement en guise de protestation, une salle où apparemment il n’avait pas sa place et faisant remarquer à ses collègues la discrimination dont il venait d’être l’objet, leur demanda de lui manifester leur solidarité en vidant également les lieux, ce qui aurait été la moindre des choses.

Or, seules trois personnes, si l'on en croit Guysen israel news qui rapporte l'affaire, dont Clément Weil Reynal, l’ont suivi, les autres, une quarantaine environ ne bougèrent pas, trouvant sans doute normal qu’un israélien soit traité en dhimmi.

Pourtant en d’autres circonstances, les reporters se prétendaient “sans frontières” et prenaient fait et cause pour ceux de leurs confrères qui se trouvaient victimes du terrorisme, de l’extremisme où du racisme.

Mais, il faut bien croire que l’humanisme et les bons sentiments n’ont plus cours lorsque le collègue est israélien. Les Israéliens, comme les juifs naguère ayant toujours droit à un traitement spécial.
Donc, lundi, l’emissaire du Cheikh Nasrallah a pu imposer sa loi.

Cela s’est passé à Paris, capitale de la France républicaine et démocratique

Remarquez, on comprend.
On ne va tout de même pas se fâcher avec le Hezbollah, dont on connait l’amour qu’il porte à la France, pour défendre le citoyen d’un pays dont on nie la légitimité et même l’existence alors que cette respectable organisation , pseudopode des ayatollahs iraniens et porteflingue de la Syrie est devenue avec ses tanks, ses milliers de missiles et les 23 sièges qu’elle vient d’enlever au futur parlement libanais une force incontournable, qui aura, n’en doutons pas, une place de choix dans le futur gouvernement.

Mais s’il est triste de constater le manque de solidarité des journalistes presents envers un confrère auquel on ne pouvait reprocher que ses origines, il est scandaleux qu’un groupe reconnu comme terroriste et dont la télevision “Al Manar” a été interdite de diffusion pour cause de racisme antijuif, soit autorisé à tenir une conférence de presse à Paris dans des locaux qui appartiennent à la république, alors qu’il refuse de se plier à la décision 1559 de l’ONU (soutenue par la France) qui lui impose de désarmer ses milices et de mettre un terme au terrorisme.

Vous avouerez avec moi, que c’est pour le moins incohérent.

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